Rendre les retours volontaires plus attrayants

15 févr. 2017

L’Allemagne et la Tunisie souhaitent encourager les retours volontaires de demandeurs d’asile déboutés. Parmi les quelque 30 000 Tunisiens vivant en Allemagne, 1 500 environ sont tenus de quitter le territoire. L’idée est de les inciter à rentrer volontairement chez eux. C’est ce qu’a déclaré la chancelière fédérale à l’issue de son entretien avec Youssef Chahed.

Voisine de la Libye, la Tunisie est particulièrement menacée par le terrorisme, a souligné Angela Merkel après s’être entretenue avec le premier ministre tunisien à la Chancellerie fédérale. La situation sécuritaire actuelle dans la région euro-méditerranéenne, les questions migratoires et la coopération germano-tunisienne figuraient au cœur de la rencontre des deux chefs de gouvernement.

« Nous sommes terriblement désolés de ce qui est arrivé à Berlin. Tous les Tunisiens se sont sentis très solidaires », a affirmé le chef du gouvernement tunisien © Bundesregierung/Bergmann Agrandir l'image (© Bundesregierung/Bergmann ) Après leur entretien à la Chancellerie fédérale, Mme Merkel et son invité se sont rendus sur la Breitscheidplatz où ils ont rendu hommage aux victimes de l’attentat du 19 décembre dernier. L’Allemagne et la Tunisie sont tragiquement unies par cet acte terroriste étant donné que l’auteur de l’attentat était de nationalité tunisienne, a déploré la chancelière.

 

Lutter contre la migration irrégulière

La chancelière fédérale Angela Merkel a reçu le premier ministre tunisien Youssef Chahed avec les honneurs militaires © Bundesregierung/Bergmann Agrandir l'image (© Bundesregierung/Bergmann ) Comme l’a affirmé la chancelière allemande lors de la conférence de presse conjointe, il faut lutter contre la migration irrégulière. C’est ce que l’Allemagne se propose de faire de concert avec la Tunisie dans le cadre d’un grand partenariat. Il a été question, a-t-elle précisé, d’inciter en particulier au retour volontaire. On pourrait envisager d’accorder par exemple une possibilité de formation et une aide financière de démarrage aux personnes tenues de quitter le pays et qui s’engageraient à rentrer chez elles.

Angela Merkel avait déjà pris position sur les questions migratoires avant l’arrivée du chef du gouvernement tunisien. Le pourcentage de ressortissants tunisiens qui se voient accorder le droit d’asile en Allemagne est extrêmement bas, a-t-elle précisé. « C’est la raison pour laquelle nous continuons de plaider au Bundesrat en faveur de la possibilité de reconnaître des pays d’origine sûrs. Cela nous permettra d’obtenir plus rapidement la clarté juridique et de pouvoir renvoyer plus vite les personnes concernées chez elles. »

 

Favoriser l’emploi en Tunisie

Dans le domaine de la coopération économique, la chancelière s’est réjouie que la législation en matière d’investissements soit maintenant traitée. Les conditions générales devraient donc s’améliorer progressivement pour les investisseurs. Dans le cadre de la présidence allemande du G20, il est prévu d’examiner ce que l’on peut faire par ailleurs pour la Tunisie, a ajouté Mme Merkel.

La chancelière a également abordé l’un des plus grands défis pour le gouvernement tunisien, à savoir la lutte contre le chômage. Une conférence sur le développement économique en Afrique est prévue dans le cadre de la présidence allemande du G20. Mme Merkel n’a pas manqué non plus de souligner l’importance du projet d’université germano-tunisienne.

La formation initiale et continue doit être améliorée en Tunisie de façon à tenir compte du marché du travail ce qui englobe les conditions de travail et une plus grande compétitivité. Mme Merkel a récemment souligné dans un message vidéo : « Nous savons quel défi de taille pose le chômage des jeunes. Je pense que ce dossier est crucial. C’est pourquoi, avec les entreprises allemandes opérant en Tunisie, nous avons constamment essayé de faire progresser précisément le thème de la formation professionnelle en alternance. »

La GIZ est mandatée par le gouvernement fédéral pour soutenir de nombreuses actions visant à renforcer les performances économiques régionales. Une étroite coopération avec les entreprises et la société civile, en particulier dans les régions défavorisées, doit offrir des possibilités de travail aux jeunes. C’est le but de diverses mesures de perfectionnement, incluant en partie un séjour temporaire d’experts en Allemagne.

 

Le tourisme

Le secteur touristique, qui représente 7 % du PIB, est très important pour l’économie tunisienne. Environ 400 000 emplois en dépendent. Les Allemands constituaient jusqu’ici 15 % des touristes en Tunisie. Mais le secteur touristique tunisien affiche une forte baisse depuis les deux attentats perpétrés contre des sites touristiques en mars et en juin 2015 ainsi que l’attentat à la bombe contre un bus de la garde présidentielle en novembre 2015, attentat revendiqué par l’organisation État islamique. Début septembre 2015, le nombre de touristes européens avait baissé de 72 %. Les recettes touristiques et, par conséquent, les rentrées de devises ont reculé d’un tiers.

Angela Merkel a déclaré à ce sujet dans son message vidéo : « Nous devons également aider la Tunisie à maîtriser cette menace terroriste car un secteur économique très important pour la Tunisie, à savoir le tourisme, est bien entendu extrêmement tributaire de la sécurité. Voilà pourquoi nous poursuivrons ce partenariat en matière de sécurité. »

 

Coopération au développement

L’Allemagne est partenaire de la Tunisie en matière de développement. Suite à la révolution de jasmin qui a eu lieu en Tunisie en 2011, les prestations allemandes sont passées de 37,5 millions d’euros en 2010 à 215 millions d’euros en 2015.

Dans le cadre du partenariat pour le soutien au processus de transition, plus d’une centaine de projets ont bénéficié en Tunisie depuis 2012 d’un soutien s’élevant à plus de 75 millions d’euros. Ces mesures, qui doivent se poursuivre ces prochaines années, sont notamment axées sur la promotion de l’État de droit et de la bonne gouvernance, le soutien à l’emploi et la formation en alternance, la société civile et les médias professionnels.

 

Situation au 14 février 2017

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