L’Europe entend faire contrepoids au repli sur soi

14 févr. 2017

Le libre-échange profite aux entreprises grâce à la suppression des barrières tarifaires et à la diminution des obstacles bureaucratiques © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) L’Allemagne souhaite, dans le cadre de sa présidence du G20, approfondir la coopération internationale. Le gouvernement fédéral entend ainsi faire contrepoids au repli sur soi. Baisse des coûts, chute des prix, création d’emplois, augmentation du pouvoir d’achat : les accords de libre-échange conclus jusqu’à présent ont eu de nombreux effets bénéfiques.

 

Les États-Unis se retirent du TPP

Le 23 janvier, le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, a signé un décret mettant fin à la participation de son pays aux négociations de l’accord de Partenariat transpacifique (TPP) avec l’Australie et plusieurs pays asiatiques. Les négociations du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) sont, quant à elles, à l’arrêt.

La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, et son homologue américain, Michael Froman, avaient certes souligné, le 17 janvier 2017, que d’importants motifs stratégiques et économiques continuaient de plaider en faveur de la conclusion d’un accord entre deux des plus grands marchés du monde. Mais cette déclaration conjointe a été effectuée quelques jours avant la prise de fonction du nouveau président américain.

Le TTIP est un projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis qui vise à stimuler les échanges commerciaux. La suppression des barrières douanières et commerciales pour les marchandises et les services est destinée à stimuler la croissance économique et favoriser la prospérité, tout en conservant les normes élevées en vigueur de part et d’autre de l’Atlantique en matière de santé, d’alimentation et de protection des consommateurs.

 

Le gouvernement allemand favorable au TTIP

Comme l’a souligné la chancelière Angela Merkel à plusieurs reprises, le TTIP reste pour le gouvernement allemand un projet important dans le cadre des relations transatlantiques.

Le libre échange est profitable aux PME et aux grandes entreprises, la suppression des droits de douanes et la levée des obstacles bureaucratiques contribuant à diminuer les coûts. Les économies réalisées permettent de faire baisser les prix des produits et d’investir, notamment dans la recherche et développement, ce qui favorise la création et le maintien de nombreux emplois.

 

L’AECG fixe des normes élevées

L’évolution de l’accord économique et commercial global (AECG, en anglais CETA) conclu le 30 octobre 2016 par l’Union européenne et le Canada est prometteuse puisque la commission du commerce international du Parlement européen a validé ce traité le 24 janvier 2017.

Le vote des députés européens en session plénière est prévu pour le 15 février. L’AECG pourra ensuite s’appliquer provisoirement, jusqu’à sa ratification par l’ensemble des États membres de l’UE.

La chancelière allemande voit dans l’AECG un accord commercial d’une toute nouvelle dimension. « À de nombreux égards, cet accord répond pleinement à nos exigences face à la mondialisation. Il fixe des normes qui produiront des effets également sur d’autres accords », a déclaré Mme Merkel.

Un accord de libre-échange est un traité de droit international conclu entre deux ou plusieurs pays afin de faciliter les échanges commerciaux entre eux. Les parties contractantes s’entendent sur la diminution ou la suppression d’obstacles au commerce tels que droits de douane, contingentement et formalités administratives afin de favoriser la croissance économique et l’emploi sur leurs sols respectifs.

 

Le libre-échange avec l’Asie et l’Australie

Le TTIP (UE/États-Unis) et l’AECG (UE/Canada) ne sont pas les seuls accords de libre-échange négociés par l’Union européenne. Celle-ci vise en effet des partenariats également avec la Malaisie, l’Indonésie, la Thaïlande, les Philippines, le Japon, la Birmanie, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Des accords avec Singapour, le Vietnam et l’Équateur ont d’ores et déjà été conclus mais ne sont pas encore en vigueur.

 

Le libre-échange avec l’Amérique latine

Les pays d’Amérique du Sud membres du Marché commun du Sud, dit « Mercosur » (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), se montrent également intéressés par un accord de libre-échange avec l’Union européenne. L’ouverture des marchés européens aux produits agricoles du Mercosur fait toutefois encore l’objet de discussions.

Il existe en revanche, depuis quelques années, un accord de libre-échange pleinement opérationnel entre l’UE et les pays dits associés au Mercosur (Pérou, Colombie et Chili). Enfin, un accord en vigueur depuis 2000 avec le Mexique est en cours de renégociation.

 

Le libre-échange avec l’Afrique

Un accord de libre-échange fait actuellement l’objet de négociations avec des pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), notamment avec la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Cameroun, le Zimbabwe et Madagascar.


Situation au 14.02.2017

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