Le salon Cebit décline les applications du numérique

20 mars 2017

Robots, drones, voitures autonomes, objets connectés ou logiciels de reconnaissance vocale : le salon Cebit de Hanovre, vitrine des nouvelles technologies, dévoile jusqu’à vendredi les nouvelles tendances de la révolution numérique et ses applications quasi-infinies.

 

Drones, robots et données

Cette année, le salon Cebit de Hanovre présente les applications de nouvelles technologies telles que les robots, l’intelligence artificielle et les drones © dpa Agrandir l'image (© dpa) Les organisateurs ont décidé de mettre l’accent sur les aspects les plus tangibles de la nouveauté. Ceux-ci se déclinent dans l’entreprise, à la maison ou dans les transports.

Volkswagen, par exemple, promet une circulation fluide à une ville aussi embouteillée que Pékin grâce à un système basé sur un ordinateur quantique. Fijutsu propose un système de reconnaissance vocale qui permet la traduction simultanée d’une conférence en 19 langues. Quant à l’Imprimerie allemande, elle a mis au point un système d’identification qui analyse le comportement et fonctionne ainsi sans mot de passe, ni empreintes digitales.

On trouve de tout au Cebit. 3 000 exposants de 70 pays se partagent les gigantesques halls de la Foire de Hanovre, qui attendent 200 000 visiteurs en cinq jours.

Certaines tendances se dégagent néanmoins. C’est le cas des drones, de la robotique, l’intelligence artificielle et, surtout, des données. Ces dernières sont considérées par les spécialistes comme la matière première de l’économie du XXIe siècle. Mais l’économie des données fait émerger de nouveaux et puissants enjeux, particulièrement en matière de sécurité et de protection des données personnelles.

 

Opportunités

La chancelière Angela Merkel a inauguré le salon Cebit aux côtés du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, dont le pays est l’hôte de l’édition 2017 © dpa Agrandir l'image (© dpa) « La numérisation a plus d’influence sur notre économie que tout le reste », a ainsi souligné la chancelière Angela Merkel lors de l’ouverture du salon, dimanche soir. « L’analyse de gigantesques quantités de données », en particulier, « permet de développer de nouveaux modèles commerciaux et de nouveaux produits taillés sur mesure pour le client ».

La chancelière voit dans cette révolution une opportunité à ne pas laisser passer. Elle a inauguré le Cebit aux côtés de Shinzo Abe, Premier ministre du Japon, le pays hôte du salon. « Nous sentons que les choses bougent vite à travers le monde, et nous trouvons dans le Japon un ami qui exploite cette vitesse », a-t-elle souligné. La chancelière en a profité pour inviter les Européens à s’inspirer de la confiance des Japonais dans l’innovation technologique.

 

Angela Merkel : la révolution numérique ne doit laisser personne à quai

Vu au Cebit : une nouvelle application pour trouver ou réserver une place de parking © dpa Agrandir l'image (© dpa) Un sondage du centre de recherche Readie de la fondation Nesta pour l’innovation illustre, en effet, la frilosité des Européens, par exemple en ce qui concerne les robots. Seuls 18 % des Allemands et 21 % des Européens imaginent, par exemple, confier leurs enfants ou leurs grands-parents à des robots lorsqu’ils ne peuvent pas s’en occuper.

Les Allemands se révèlent même souvent plus réticents que les autres Européens. Seuls 17 % peuvent envisager la disparition de l’argent liquide au profit de moyens de paiement électroniques (37 %) des Européens. Et ils ne sont que 22 % à avoir déjà réservé et payé un taxi via une application (38 % des Européens).

Ainsi, si la révolution numérique ouvre un faisceau d’opportunités, elle suscite aussi des inquiétudes. Angela Merkel s’en est fait l’écho auprès des industriels. « Telle innovation est-elle une bonne chose ou un danger pour mon emploi ? Suis-je capable de suivre toutes les évolutions, et sinon qui va m’y former ? Si je livre des données, peut-on tout en faire ? De quelles protections est-ce que je dispose ? ». La chancelière appelle à ne pas ignorer ces craintes. Il en va « de millions de personnes qui ne savent pas exactement ce qui les attend », a-t-elle affirmé.

A.L.

 

Plus d’informations :

Site officiel du salon Cebit (en allemand et anglais)

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