Angela Merkel défend une Europe ouverte contre le repli sur soi

9 mars 2017

Avant de s’envoler pour le Conseil européen, à Bruxelles, la chancelière Angela Merkel a plaidé jeudi matin au Bundestag pour une Europe forte, ouverte sur le monde et prête à davantage de responsabilités en matière de défense.

Comme c’est généralement le cas au Conseil européen de mars, l’économie doit figurer en bonne place au menu des 28. Les discussions doivent notamment porter sur les moyens de soutenir la croissance à l’heure où les perspectives économiques s’améliorent dans tous les pays de l’Union européenne (UE).

 

L’horizon économique se dégage

Tous les États européens devraient retrouver cette année le chemin d’une croissance positive, et la tendance devrait se poursuivre dans les années à venir, estime la Commission européenne. Cette amélioration « est un exemple majeur de ce dont nous sommes capables, en tant qu’Union européenne, lorsque nous agissons ensemble », a commenté la chancelière Angela Merkel. L’Europe peut être fière du mélange de compétitivité et de protection sociale qui fait sa spécificité et que le monde lui envie, a ajouté la chancelière. Quant au chômage, il reste élevé dans certains pays, notamment chez les jeunes. Mais « le fait que le chômage, dans l’ensemble, est revenu à son niveau le plus bas en Europe depuis 2009 devrait nous encourager ».

Le Conseil européen se tient ce jeudi à Bruxelles © dpa Agrandir l'image (© dpa) Pour la chancelière allemande, il importe de saisir les opportunités que présentent, ensemble, la mondialisation et la révolution numérique. Au Bundestag, Angela Merkel a défendu le libre-échange et une politique commerciale ouverte sur le monde. Elle a explicitement salué l’accord de libre-échange entre l’UE avec le Canada (CETA).

À ses yeux, il importe plus que jamais que l’Europe reste ouverte sur le monde, à l’heure où les approches nationalistes et protectionnistes gagnent du terrain. « L’Europe ne doit jamais se refermer sur elle-même, se cloisonner, ni se mettre en retrait », a-t-elle affirmé.

La chancelière a, par ailleurs, appelé à regarder les différences régionales et les spécialisations économiques nationales comme une force. Les régions présentent des potentiels différents, et ils doivent chacun pouvoir s’épanouir pleinement, a-t-elle souligné.

 

Des partenariats pour la migration avec les pays d’origine et de transit

Angela Merkel est ensuite revenue sur la crise des réfugiés et la politique migratoire, également au programme du Conseil européen. Elle a constaté des progrès, mais elle estime qu’il faut aller plus loin. Elle appelle de ses vœux une réforme du système d’asile européen et « une meilleure coopération en matière de reconduites à la frontière au niveau européen ».

L’accord avec la Turquie a permis de réduire fortement le nombre de décès en mer Égée, a-t-elle souligné. Il a aussi amélioré les conditions de vie des réfugiés en Turquie. Mais on continue à déplorer chaque jour la perte de vies humaines en Méditerranée. La protection des frontières extérieures de l’UE, la lutte contre les passeurs et contre les filières clandestines doit ainsi demeurer une priorité, de même que la lutte contre les causes d’exode.

La chancelière a ainsi plaidé pour la conclusion de partenariats pour la migration avec les pays d’origine et les pays de transit des migrants. Elle a cité en exemple les partenariats signés avec le Mali et avec le Niger. Elle a, par ailleurs, appelé à trouver une solution politique en Libye.

 

Renforcement de la coopération en matière de défense

Les pays de l’Union européenne (UE) entendent renforcer leur coopération dans le domaine de la défense © dpa Agrandir l'image (© dpa) Le Conseil européen doit, par ailleurs, aborder la question du renforcement de la coopération européenne en matière de défense. Et ce, non seulement d’un point de vue financier, mais également d’un point de vue structurel. L’Europe doit assumer davantage de responsabilités dans ce domaine, a ainsi affirmé Angela Merkel. « Nous devons, en tant qu’Union européenne, être capables de gérer les crises qui éclatent dans notre voisinage, et ce en complément de l’OTAN, et non en concurrence avec elle ».

 

Vers une Europe à plusieurs vitesses

La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande lors du mini-sommet de Versailles en début de semaine © dpa Agrandir l'image (© dpa) Enfin, à Bruxelles, les pays membres doivent préparer demain, lors d’une réunion informelle, une déclaration en vue du 60e anniversaire des traités de Rome, actes fondateurs de la construction européenne. Il s’agit, en s’appuyant sur les valeurs communes, d’ouvrir des perspectives pour l’avenir de l’Europe.

La chancelière Angela Merkel a confirmé son soutien à l’option d’une « Europe à plusieurs vitesses » qui permettrait à certains pays d’aller de l’avant. « Nous devons pouvoir, en Europe, procéder aux nécessaires améliorations avec un haut niveau d’ambition sans mettre à chaque fois en danger la cohésion entre les États membres », a-t-elle expliqué. « Car les tâches qui nous incombent sont si vastes que l’Europe ne peut pas travailler en se basant toujours sur le plus petit dénominateur commun ».

A.L.

 

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

Déclaration gouvernementale de la chancelière Angela Merkel au Bundestag (en allemand)

© CIDAL