La parité progresse mais reste un défi

8 mars 2017

La parité entre les femmes et les hommes progresse, mais des écarts importants subsistent, notamment en termes de salaire © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) Un an après l’instauration de quotas de femmes obligatoires dans les conseils d’administration des grandes entreprises, le gouvernement allemand a dressé ce mercredi un premier bilan positif de la mesure à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

L’instauration de quotas semble efficace

L’ensemble des 106 sociétés cotées en bourse ou soumises à la cogestion qui ont renouvelé leur conseil d’administration en 2016 l’ont fait en respectant la loi. Celle-ci leur impose depuis le 1er janvier 2016 d’avoir un conseil d’administration composé d’au moins 30 % de femmes. 151 entreprises allemandes sont ou seront concernées par cette mesure.


  • La fonction publique donne l’exemple


    Au 31 mai 2015, 33 % des représentants envoyés par l’État fédéral au sein de conseils d’administration de grandes entreprises étaient des femmes. À partir de 2018, l’État s’est même fixé un quota obligatoire de 50 % de femmes.


    Par ailleurs, la proportion de femmes aux étages supérieurs de l’administration atteignait 32,6 %  en 2015, selon l’Indice de la parité.


La loi instaurant des quotas de femmes aux conseils d’administration des grandes entreprises semble faire évoluer les mentalités © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) Il faut y ajouter quelque 3 500 entreprises auxquelles la loi impose de se donner des objectifs pour promouvoir l’accès des femmes au conseil d’administration, à la direction de l’entreprise ou dans les deux échelons immédiatement inférieurs. 70 % des entreprises concernées se sont pour l’heure pliées à cette obligation. La plupart du temps en se fixant des objectifs ambitieux, a rapporté la ministre allemande de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, Manuela Schwesig.

Pour cette dernière, un constat s’impose : les mentalités sont en train de changer à la tête des entreprises et dans la société. « Malgré toutes les craintes et tous les retards », les entreprises ont fini par accepter le principe des quotas et par le respecter, confirme Heiko Maas, ministre fédéral de la Justice.

Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas tout à fait…

 

L’arbre qui cache la forêt

D’abord, l’impact de la loi sur la composition des conseils d’administration ne saurait occulter le manque criant de femmes à la direction des entreprises.

Ces dernières se préoccupent encore « trop peu » de la promotion des femmes quand elles fixent leurs priorités en matière de gestion des ressources humaines, déplore ainsi Brigitte Zypries, ministre allemande de l’Économie et de l’Énergie. « La majorité des entreprises du M-Dax (le deuxième indice principal à la Bourse de Francfort, ndlr) se fixe comme objectif une proportion nulle de femmes au sein de la direction ».

La situation mécontente jusqu’à la chancelière. Au début du mois, Angela Merkel avait déclaré qu’elle n’avait « aucune compréhension » pour un tel manque d’ambition ».

 

Un fossé perdure quant à la durée du travail domestique non-rémunéré

Les femmes réalisent toujours au quotidien 52 % de travail domestique de plus que les hommes, selon une enquête © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) Mais il existe une deuxième limite aux progrès de la parité : le temps consacré par les femmes aux tâches de soin et aux tâches domestiques. À l’heure actuelle, ce travail non rémunéré reste supérieur de 52,4 % à celui des hommes. Cela représente 87 minutes par jour, selon une enquête réalisée pour le ministère allemand de la Famille.

Or, cet état de fait a de nombreuses conséquences. Selon Mme Schwesig, il explique, en particulier, le fait que les femmes reçoivent une rémunération inférieure à celle des hommes au cours de leur vie. L’écart salarial reste de 21 % en Allemagne.

Pour y remédier, la ministre de la Famille a lancé plusieurs pistes. Elle souhaite, par exemple, instaurer des aides familiales pour s’occuper des enfants et revaloriser les rémunérations des professions majoritairement exercées par les femmes, notamment dans le secteur sanitaire et social.

A.L.

 

Plus d’informations :

Rapport d’expertise sur le partage des tâches domestiques :

Ministère fédéral de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse (en allemand)

Premier rapport gouvernemental sur l’application de la loi sur les quotas de femmes au conseil d’administration des grandes entreprises : Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

© CIDAL