Berlin récuse l’allusion du président turc au nazisme

7 mars 2017

Une phrase « déplacée » et injustifiable, particulièrement au regard des souffrances endurées par les victimes du nazisme : c’est en ces termes qu’Angela Merkel a récusé lundi une formule acerbe du président turc, Recep Tayyip Erdogan. Mécontent de l’annulation de meetings de deux de ses ministres en Allemagne, ce dernier avait déclaré : « je pensais le nazisme disparu en Allemagne, mais il continue d’exister ».

Des "divergences de vues profondes" entre l’Allemagne et la Turquie © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Ce genre de propos se disqualifie de lui-même, estime la chancelière. Il ne devrait même pas mériter de commentaire. Mais il rend « triste » étant donné les nombreux liens qui existent entre l’Allemagne et la Turquie, de l’économie à l’appartenance à l’OTAN.

Berlin tient beaucoup à avoir de bonnes relations avec Ankara, a récemment souligné Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand.

 

« Divergences de vues profondes » entre Berlin et Ankara

Cette nouvelle passe d’armes illustre « les divergences de vues profondes » qui opposent l’Allemagne et la Turquie. Elles concernent le respect de l’État de droit, et en particulier de la liberté de la presse.

Manifestation à Munich pour la libération du journaliste germano-turc, Deniz Yücel © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Berlin fustige la mise en détention en Turquie de plus d’une centaine de journalistes, dont le correspondant germano-turc du quotidien Die Welt à Ankara, Deniz Yücel. Le gouvernement allemand met tout en œuvre pour obtenir la libération de ce dernier.

« Nous devons débattre de toutes ces divergences de vues sérieuses entre partenaires », a par ailleurs affirmé M. Seibert. « Nous devons le faire en toute clarté et, pour ce qui nous concerne, sur la base de nos valeurs : liberté d’expression, liberté de la presse et liberté de réunion ».

 

Pour un dialogue ouvert avec la Turquie

Manifestation électorale d’un député turc du parti AKP à Kelsterbach (Hesse), le 6 mars 2017 © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Selon le porte-parole, ces valeurs s’appliquent à tous les citoyens qui vivent en Allemagne, y compris les citoyens d’origine turque.

Quant aux « meetings de membres du gouvernement turc en Allemagne, ils sont possibles dans la mesure où ils respectent le cadre du droit et de la légalité ». Ils doivent néanmoins être ouvertement annoncés suffisamment à l’avance.

Ces meetings sont prévus dans le cadre de la campagne pour le référendum constitutionnel qui doit avoir lieu en Turquie.

A.L.

 

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

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