La Berlinale fait revivre Joseph Beuys

15 févr. 2017

Toute sa vie, il a aimé provoquer. Plus de trente ans après sa mort, Joseph Beuys renaît sur la scène de la Berlinale. Au cours d’un festival très porté sur les portraits d’artistes en général (Django Reinhardt, Giacometti), le documentariste allemand Andres Veiel a dévoilé mardi un portrait inédit du sculpteur et performeur allemand (1921-1986) largement réalisé à partir de documents d’archives.

 

Seul documentaire en compétition

Le documentariste allemand Andres Veiel a présenté à la Berlinale son film « Beuys », consacré à l’artiste Joseph Beuys © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Le film est le seul documentaire en compétition pour les Ours d’or et d’argent. Il s’appuie sur des recherches très approfondies (400 heures de rushs, 300 heures de bandes sonores, entre 20 000 et 30 000 photos), réalisées sous l’œil bienveillant de la veuve de l’artiste, Eva Beuys. Mais il n’a pour ambition de livrer un portrait journalistique.

C’est un hommage. L’hommage d’un cinéaste à un artiste qui le fascine depuis toujours, et qu’il estime plus actuel que jamais.

Beuys a posé les bonnes questions avant tout le monde, dit Andres Veiel. Il affirmait que nous ne sommes pas des grains de sable pris dans les rouages de la société. Selon lui, il y a un artiste en chacun et par conséquent, chacun a le pouvoir de façonner la société. De fait, c’est un message pour nos contemporains parfois tentés par la résignation ou la désignation de boucs-émissaires face à un monde qui semble complexe et incertain.

 

L’aventure d’une relation père-fils

Le film « Bright nights » de l’Allemand Thomas Arslan est présenté dans la compétition officielle de la Berlinale © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Beuys n’est pas le seul film allemand engagé dans la compétition officielle de la Berlinale. Lundi, le réalisateur Thomas Arslan a présenté aux festivaliers son long-métrage Helle Nächte (Bright Nights), un road-movie qui met en scène la difficile relation entre un père et son fils adolescent.

Les deux personnages partent ensemble pour un voyage à travers la Norvège afin d’essayer de renouer le dialogue après une longue séparation. Les vastes étendues nordiques qu’ils traversent reflètent leurs états d’âme et leurs détresses intimes. C’est un procédé typique de l’École de Berlin à laquelle se rattache le réalisateur. Ici, pas de spectaculaire, ni de personnages saillants. Mais de la lenteur, et des caractères qui effleurent tout doucement à la surface, presqu’imperceptiblement.

 

Hommage de Volker Schlöndorff à Max Frisch

Volker Schlöndorff présentait ce mercredi son dernier film « Return to Montauk » à la Berlinale © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Enfin, ce mercredi, c’était au tour de Volker Schlöndorff de présenter son dernier film. Également engagé dans la compétition officielle, Rückkehr nach Montauk (Return to Montauk) constitue, lui aussi, l’hommage d’un cinéaste à un artiste (et ami).

Il s’agit en l’occurrence de l’écrivain suisse Max Frisch (1911-1991). Il y a bien longtemps, Volker Schlöndorff avait adapté à l’écran son roman, Homo Faber. L’idée était alors née de faire un film inspiré de la nouvelle Montauk. Mais ce récit intime de la relation de l’écrivain avec Ingeborg Bachmann était difficile à porter à l’écran. Après une longue maturation, le film a finalement vu le jour, à partir d’une histoire réécrite par le cinéaste. Elle met en scène un écrivain qui, en allant présenter son dernier livre à New York, retrouve une femme qui a beaucoup compté dans sa vie.

A.L.

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