Joachim Gauck : réveiller l’enthousiasme pour le projet européen

8 févr. 2017

Vingt-cinq ans après la signature du traité de Maastricht, le président allemand, Joachim Gauck, a encouragé mardi la jeunesse à s’engager « pour l’idée d’une Europe unie ».

« Mêlez-vous de la politique. Ne laissez pas les autres s’emparer de votre avenir. […] Ce n’est pas seulement de votre avenir qu’il s’agit, mais aussi de celui de vos enfants et petits-enfants », lui a-t-il lancé dans un discours prononcé à l’Université de Maastricht, qui lui remettait le titre de docteur honoris causa.

 

Réflexion sur la crise du projet européen

Le président allemand, Joachim Gauck, à l’université de Maastricht (Pays-Bas) à l’occasion du 25e anniversaire de la signature du traité de Maastricht © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Le président allemand, qui a longtemps vécu derrière le Rideau de fer, a affirmé que le traité de Maastricht était pour lui « le symbole d’une Europe unie en paix et en liberté. Une Europe qui représente les valeurs éclairées de l’Occident : la démocratie, la primauté du droit, le respect des droits de l’homme et de la séparation des pouvoirs, la protection des minorités et l’égalité des sexes. » Mais c’est également « un projet encore inachevé et confronté à des revers », a-t-il ajouté.

Le président est revenu sur les racines de la crise que traverse le projet européen. C’est, selon lui, « la plus grande crise de confiance depuis sa création ». Mais « parfois un choc favorise la prise de conscience. Un choc peut être salutaire ». À ses yeux, « il y a de bonnes raisons de poursuivre la coopération européenne, et certaines sont même plus valables aujourd’hui qu’hier ».

 

« Chercher de nouvelles possibilités de coopérer »

Joachim Gauck a visité le musée Mauritshuis de La Haye. Ici devant un portrait peint par Rembrandt © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Le président a ainsi exhorté les Européens à « penser à l’Europe d’après-demain », et proposé des pistes pour sortir de la crise. « L’Europe unie ne saurait être construite contre le gré des populations, mais seulement avec elles », a-t-il notamment rappelé. Les gouvernements ont pour tâche d’informer les citoyens sur les projets européens « dans un langage clair et concret, et sans susciter d’espérances démesurées ».

De plus, « il faut chercher de nouvelles possibilités de coopérer » pour empêcher que le fossé ne se creuse davantage entre les pays de l’UE.

Par ailleurs, il faut renforcer l’application du principe de subsidiarité, inscrit dans le traité de Maastricht. Car « il est peu judicieux de s’occuper au niveau supranational des questions que l’on peut mieux résoudre à l’échelon national », a souligné le président.

L’Union européenne doit ainsi éviter « la réglementation superflue de chaque détail » pour privilégier « un rapprochement plus résolu dans les domaines qu’aucun État-nation européen ne serait capable de régler tout seul ».

 

L’Europe a « une responsabilité particulière quant à la stabilisation de l’ordre international »

Car c’est un fait : les défis ne manquent pas. De la numérisation au terrorisme en passant par la pression migratoire, un ordre mondial instable, le Brexit et de nouvelles incertitudes, par exemple aux États-Unis, « nous devons nous serrer les coudes », a dit le président.

Le président allemand a reçu le titre de docteur honoris causa de l’Université de Maastricht © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Joachim Gauck, dont le mandat s’achèvera le 17 mars prochain, a ainsi laissé à la fin de son allocution un message sans ambiguïté pour appeler l’Europe au sursaut face à l’état du monde.

« Il est temps que les pays européens et notamment l’Allemagne, longtemps installés sous le bouclier de la puissance américaine, fassent preuve de plus de confiance en eux-mêmes et de plus d’autonomie », a-t-il dit.

« Nous avons une responsabilité particulière quant à la stabilisation de l’ordre international, et c’est à juste titre que nous discutons des possibilités d’augmenter la volonté de défense européenne ».

A.L.

 

Plus d’informations :

Présidence fédérale (en allemand, discours disponible en allemand, anglais et francais)

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