Le président allemand, Joachim Gauck, honoré à Paris

26 janv. 2017

À la Sorbonne © Jesco Denzel / bpa Agrandir l'image (© Jesco Denzel / bpa) Lors de son dernier déplacement en France en tant que chef d’État, le président allemand, Joachim Gauck, a reçu jeudi les honneurs de la Sorbonne et de l’Académie française. Il avait rencontré la veille le président Hollande. Ce furent autant d’occasions pour lui de redire le prix qu’il attache à la coopération franco-allemande et à l’Europe.

À l’Élysée, il a été question des crises qui secouent le monde. « Nous sommes tombés d’accord : quand stabiliser le tandem franco-allemand au bénéfice de l’Union européenne si ce n’est maintenant ? », a affirmé le président allemand.

En 2013, Joachim Gauck s’était rendu avec François Hollande à Oradour-sur-Glane pour commémorer le martyre de ce village pendant la Seconde Guerre mondiale et souligner la valeur de la réconciliation franco-allemande.

 

Doctorat honoris causa de la Sorbonne

Doctorat honoris causa de la Sorbonne pour le président allemand, Joachim Gauck © CIDAL Agrandir l'image (© CIDAL) Mais c’est à la Sorbonne que le président allemand a pu livrer le fond de sa réflexion. L’Université parisienne lui a décerné le titre de docteur honoris causa pour honorer son parcours de défenseur de la liberté et l’Allemagne.

Dans son discours de remerciement, Joachim Gauck a rappelé que « l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, c’était une grande promesse ».

Une promesse qui a commencé avec la réconciliation franco-allemande, « résultat de l’engagement et de la lucidité de sages responsables politiques en quête d’entente ». Et qui s’est poursuivie après 1989 par une « promesse de liberté et de solidarité, de participation et de démocratie, de libéralisme et d’État de droit ».

Or, aujourd’hui, a-t-il regretté, « nombre d’entre nous ont l’impression de voir cette promesse s’effacer sous [leurs]yeux ».

 

L’Europe, une promesse et une richesse à préserver

Le président allemand, Joachim Gauck, honoré à Paris © Jesco Denzel / bpa Agrandir l'image (© Jesco Denzel / bpa) Dans ce contexte, le président a développé devant les professeurs, étudiants et lycéens présents tout « ce qui fait toute la richesse, la précieuse valeur de l’Europe ». Il a cité la conscience critique, au fondement du développement des sciences, la séparation de la religion et du politique, les échanges, l’accueil des indigents et des déracinés, la capacité à « construire quelque chose qui ne prendra corps que pour nos enfants et leur descendance » et pour finir l’humanisme.

« L’Europe a également engendré et connu beaucoup d’horreurs », a-t-il convenu. « Elle n’a jamais connu d’âge d’or et n’en connaîtra jamais. Elle est uniquement le théâtre d’une incessante lutte pour l’humanité, la liberté et le droit, la justice et la démocratie ».

Mais cette Europe « mérite d’être commémorée et préservée parce que son seul avenir réside dans les valeurs de haute lutte au fil des siècles », a-t-il affirmé.

« Il y a tant de grandes, de belles et de précieuses choses qui ont été conçues, créées et réalisées avant nous et pour nous ! Pourquoi donc pas nous ? »


A.L.

 

Plus d’informations :

Présidence fédérale (en allemand)

© CIDAL

Discours du Président de la République fédérale d’Allemagne, Joachim Gauck, à l’Université de la Sorbonne

Discours du Président de la République fédérale d’Allemagne, Joachim Gauck, à l’Université de la Sorbonne © bpa / Jesco Denzel

Le Président de la République fédérale d’Allemagne, Joachim Gauck, à l’occasion de la cérémonie de remise du doctorat honoris causa de l’Université de la Sorbonne organisée en son honneur à Paris le 26 janvier 2017.