Maria Böhmer salue l’ouverture du procès sur la destruction de sites maliens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO

23 août 2016

Le procès engagé contre l’un des principaux responsables présumés de la destruction d’édifices classés au patrimoine mondial de l’UNESCO à Tombouctou en 2012 s’est ouvert aujourd’hui (22/08) devant la Cour pénale internationale à La Haye. Maria Böhmer, ministre adjointe aux Affaires étrangères et représentante spéciale du ministère fédéral des Affaires étrangères pour le patrimoine mondial de l’UNESCO et les conventions pour la culture de l’UNESCO, a déclaré à ce propos :

  • Je me félicite que s’ouvre pour la première fois devant la Cour pénale internationale un procès pour destruction de patrimoine culturel mondial. La destruction de sites inscrits au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO est ainsi traitée comme potentiellement constitutive d’un crime de guerre.

    Je me réjouis que la déclaration de Bonn de 2015, à l’adoption de laquelle j’ai eu l’honneur de participer en tant que présidente de session du comité du patrimoine mondial, ait pu contribuer à une meilleure protection de notre patrimoine culturel. Ce changement de paradigmes a aussi ouvert la voie à ce procès.


Contexte

Mosquée en argile à Tombouctou. Le 30 juin 2012, le groupe islamique Ansar Dine a attaqué et détruit plusieurs des 16 sanctuaires de la ville, classés patrimoine culturel mondial par l'UNESCO © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) Dès 2015, le comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, alors sous présidence allemande, avait condamné sévèrement la destruction de sites du patrimoine mondial comme pouvant constituer des crimes de guerre. En 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies avait en outre constaté à l’unanimité, dans une résolution présentée par l’Allemagne et l’Iraq, que la destruction de sites du patrimoine mondial ne pouvait être justifiée par aucune religion. La Cour pénale internationale conduit actuellement son premier procès pour destruction volontaire d’un site du patrimoine mondial.

Tombouctou, cité historique du Mali et site du patrimoine mondial de l'UNESCO, héberge quelques 300 000 manuscrits anciens, datant en partie de l'âge d'or du 12e et 15e siècle © picture alliance / abaca Agrandir l'image (© picture alliance / abaca) Le ministère fédéral des Affaires étrangères avait apporté son aide à une opération de sauvetage menée clandestinement pour protéger les 285 000 précieux manuscrits de Tombouctou de la destruction et les transporter à Bamako. Le ministère soutient aussi les efforts internationaux visant à mettre sur pied des archives modernes pour leur assurer la place qu’ils méritent dans la patrimoine culturel de l’humanité.


Paru le 22 août 2016

© Ministère fédéral des Affaires étrangères (AA)