Le Bundestag approuve le mandat au Mali

17 mai 2016

Jusqu’à 300 soldats de la Bundeswehr participeront à l’avenir à l’EUTM Mali ©  Bundeswehr/Bier Agrandir l'image (© Bundeswehr/Bier ) Le Bundestag a adopté à une large majorité le projet de mandat soumis par le gouvernement concernant la mission de formation au Mali. La Bundeswehr formera dorénavant des soldats maliens également à Gao et à Tombouctou.

Le mandat fixe une réduction des effectifs militaires allemands mais prévoit en contrepartie d’autres zones d’intervention.

Suite à la décision du Bundestag, le nombre maximum de soldats pouvant participer à la mission de formation de l’UE au Mali (EUTM Mali) baisse de 350 à 300. Ce qui est nouveau, c’est que la formation sera désormais dispensée aux soldats maliens non seulement à Bamako, la capitale, mais aussi dans le nord du pays. La mission de formation au Mali a été prolongée jusqu’au 31 mai 2017 par décision du Bundestag.

 

Besoin de moins de soldats

L’Allemagne compte parmi les premiers fournisseurs de troupes de l’EUTM Mali. L’année dernière au mois de juillet, la Bundeswehr avait pris le commandement de la mission de l’Union européenne. Comme prévu, la Belgique prendra le relais en juillet 2016. Cela va donc permettre de réduire à nouveau le plafond des effectifs militaires allemands.

 

Rapprochement des protagonistes

Le Mali a avancé ces derniers temps dans le processus de paix. Les élections législatives organisées fin 2013 ont marqué le retour à l’ordre constitutionnel après le coup d’État militaire de 2012. Les négociations entre le gouvernement malien et les organisations de rebelles séparatistes ont débouché en mai et juin 2015 sur un accord de paix qui a été négocié avec une participation internationale et l’Algérie comme médiateur.

Cependant, le Mali se trouve toujours dans une phase de stabilisation fragile. La méfiance profondément ancrée entre les protagonistes ainsi que les affrontements armés entre groupes touareg rivaux ont fait achopper les efforts de paix. Le cessez-le-feu se maintient depuis l’automne 2015 entre rebelles, milices et le gouvernement.

La décision 2016/446/PESC du Conseil de l’Union européenne du 23 mars 2016 en liaison avec la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies 2227 (2015) du 29 juin 2015 forme la base de droit international.

 

Appui international toujours nécessaire

La situation humanitaire au Mali s’est améliorée de manière générale depuis le début des efforts de la communauté internationale. Néanmoins, l’aide humanitaire et la coopération au développement n’ont toujours pas accès sans entrave à toutes les régions.

Si environ 80 % des déplacés internes sont aujourd’hui rentrés chez eux, les pays voisins abritent encore quelque 130 000 réfugiés originaires du Mali. De plus, le processus de réconciliation est assombri par les attentats perpétrés par des groupes islamistes. Il est donc essentiel de continuer d’améliorer les capacités militaires des forces de sécurité maliennes. Elles doivent désormais combattre elles-mêmes les menaces terroristes à l’intérieur du pays.

 

Priorité de la politique africaine allemande

La situation au Mali est étroitement liée aux problèmes dans l’ensemble de la région du Sahel. L’extrémisme violent, le terrorisme et un État fragile font obstacle au développement et constituent un facteur de déstabilisation à l’échelle de toute la région.

Cela pourra également avoir de lourdes conséquences à moyen terme pour l’Europe. L’Allemagne a énormément intérêt à combattre le terrorisme, la criminalité organisée et l’appauvrissement de concert avec ses partenaires européens et internationaux.

Le Mali est une priorité de l’engagement d’ordre sécuritaire du gouvernement fédéral en Afrique. L’EUTM Mali représente un élément important du soutien bilatéral et multilatéral accordé en vue d’assurer la stabilité dans le pays.

 

La formation au cœur des préoccupations

Des soldats du génie allemands forment des soldats maliens © Bundeswehr/Bienert Agrandir l'image (© Bundeswehr/Bienert ) Les soldats allemands forment en premier lieu des forces de sécurité maliennes et du Groupe de cinq pays du Sahel (G5 Sahel) composé de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad. À ces fonctions viennent s’ajouter des tâches de direction et de planification ainsi que la supervision technique de l’EUTM Mali et le soutien en matière de services sanitaires. Pour finir, la Bundeswehr conseille le ministère malien de la Défense et les états-majors opérationnels de l’armée malienne.

Le soutien apporté par l’armée allemande concerne également le personnel de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

À l’heure actuelle, il est toujours hors de question d’accompagner ou de soutenir directement les forces armées maliennes pendant les hostilités (encadrement tactique) ou de laisser la mission de formation EUTM apporter un soutien correspondant à la MINUSMA.

 

Soutenir les partenaires français

L’Union européenne n’est pas la seule organisation active au Mali. L’ONU opère également sur place. Jusqu’à 650 soldats allemands peuvent participer à la MINUSMA. Cette forte contribution allemande est récente puisque le Bundestag en a pris la décision fin janvier seulement.

La MINUSMA a prioritairement pour tâche de soutenir les accords de cessez-le-feu entre les parties au conflit et de promouvoir la sécurité et la protection des civils. Elle doit aussi soutenir le dialogue politique national et la réconciliation nationale.

La contribution militaire allemande à la MINUSMA consiste à apporter à l’armée française autorisée par des résolutions des Nations Unies un soutien dans les domaines du transport aérien et du ravitaillement en vol.

 

Aide militaire et civile allemande

Outre la mission militaire, l’Union européenne est également présente dans le cadre d’une mission civile de formation et de conseil du secteur de la sécurité intérieure. L’Allemagne fournit le directeur ainsi que d’autres experts et policiers de la mission civile de formation de l’Union européenne EUCAP Sahel Mali.

La mission fait partie intégrante de l’approche globale de l’Union européenne dans la région du Sahel et s’intègre dans la « stratégie pour la sécurité et le développement dans la région du Sahel » de l’Union européenne adoptée en 2011.

L’Allemagne reste également active au Mali sur le plan bilatéral. Elle y exécute des projets dans le cadre de la prévention civile des crises et promeut l’État de droit.

La coopération allemande au développement fournit une contribution essentielle. Elle porte essentiellement sur la décentralisation et la bonne gouvernance, l’agriculture durable et productive ainsi que l’approvisionnement en eau et l’assainissement. La pacification et le développement complètent l’engagement du gouvernement fédéral en matière de politique étrangère et de sécurité, formant ainsi une approche globale.


Situation au 13 avril 2016

© Office de presse du gouvernement fédéral