Déplacement franco‑allemand dans le Sahel

2 mai 2016

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et son homologue français Jean-Marc Ayrault ont entamé un nouveau déplacement conjoint ce dimanche (1er mai), à destination cette fois‑ci du Sahel, au Mali et au Niger. À leur arrivée à Bamako, M. Steinmeier s’est fait le messager de toute l’Union européenne, qui soutient le processus de stabilisation malien.

 

Les voisins de nos voisins

MM. Steinmeier et Ayrault durant leur voyage vers le Mali © Thomas Imo/photothek.net Agrandir l'image (© Thomas Imo/photothek.net ) Pour beaucoup, les deux pays visités semblent très éloignés de l’Europe. Pourtant, ils sont à moins de cinq heures d’avion, un temps de vol comparable au trajet vers les îles Canaries. « La politique étrangère ne se limite pas à une politique de voisinage. Ce qui compte pour nous, c’est ce qui se passe chez les voisins de nos voisins », écrivait ainsi récemment le chef de la diplomatie allemande dans une tribune conjointe avec son homologue néerlandais Bert Koenders. Les évolutions au Sahel, une région aujourd’hui sous la forte pression du terrorisme islamiste et de la criminalité organisée, se répercutent directement en Europe.

 

Un ordre fragile après la crise

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop reçoit MM. Steinmeier et Ayrault à leur arrivée à Bamako © Thomas Imo/photothek.net Agrandir l'image (© Thomas Imo/photothek.net ) Le Mali a subi un coup d’État militaire en 2012/2013, ce qui a permis à des groupes islamistes de prendre le contrôle d’une grande partie du nord du pays. Grâce à l’intervention militaire du gouvernement français à la demande du gouvernement malien, l’ordre étatique a pu être rétabli début 2013. Un accord de paix a été conclu entre le gouvernement et les groupes rebelles en juin 2015. La menace des groupes terroristes islamistes reste cependant élevée. La décentralisation, la réintégration des rebelles et l’ouverture de perspectives économiques constituent des objectifs urgents.

 

Une stabilité également dans l’intérêt de l’Europe

À son arrivée à Bamako dans la nuit de dimanche à lundi, M. Steinmeier a fait référence à cette époque turbulente : « Nous connaissons le temps et les efforts qu’il a fallu pour restaurer la stabilité. » L’accord de paix a été une étape importante, mais il reste « beaucoup à faire pour traduire cet accord dans les faits », atil indiqué. Devant le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop venu accueillir ses hôtes à l’aéroport, M. Steinmeier a salué le travail déterminé du gouvernement malien dans le processus politique et en particulier la législation sur la décentralisation nécessaire.

La visite conjointe des deux ministres des Affaires étrangères se veut un message lancé au nom de l’ensemble de l’Union européenne : l’Europe a un intérêt direct à ce que le Sahel soit stable du point de vue de la sécurité et est donc prête à apporter son soutien à cet objectif. L’avenir du pays est toutefois et avant tout entre les mains du gouvernement malien, a souligné M. Steinmeier au début de sa visite.

 

Contribution à la stabilisation du Mali

Vue d’ensemble de l’engagement de l’Allemagne au Mali © Ministère fédéral des Affaires étrangères Agrandir l'image (© Ministère fédéral des Affaitres étrangères (AA)) L’Allemagne participe à la stabilisation du Mali à différents niveaux. La promotion du processus de réconciliation constitue une priorité. L’Allemagne soutient en outre la formation de personnels civils de sécurité dans le cadre de la mission EUCAP Sahel Mali et celle des forces armées au sein de l’EUTM, la mission de formation de l’Union européenne. Enfin, l’Allemagne participe à la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) en engageant jusqu’à 650 soldats. Par leur visite, les deux ministres ont également rendu hommage à l’action des forces militaires et de sécurité qui œuvrent à la stabilisation du Mali dans des opérations dangereuses.

 

Les menaces du terrorisme et de la criminalité

La capitale du Niger, Niamey, est la deuxième étape du voyage commun. Le pays est notamment devenu un point névralgique de la migration vers l’Europe. Par sa frontière terrestre avec la Libye, particulièrement instable, au nord, le Niger est sous la menace directe du terrorisme et du crime organisé. Le déplacement au Niger sert donc entre autres à apprécier la situation sur le terrain et à évaluer les possibilités de coopération sur le plan de la politique de sécurité.

 

Lire aussi (en allemand) :

« Un nouvel élan dans le Sahel », tribune conjointe du ministre fédéral des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et de son homologue néerlandais Bert Koenders

Engagement de l’Allemagne au Mali

Informations sur le Mali

Informations sur le Niger

 

Situation au 2 mai 2016

© Ministère fédéral des Affaires étrangères (AA)