Le coordinateur allemand pour la coopération transatlantique se rend à Washington

31 janv. 2017

Le coordinateur pour la coopération transatlantique du ministère fédéral des Affaires étrangères, Jürgen Hardt, s’est rendu à Washington pour des entretiens le 30 janvier, soit quelques jours après la prise de fonction de Donald Trump. Avant son départ, il a fait la déclaration suivante :


  • « Dix jours après la prise de fonction du nouveau gouvernement formé par le président Trump, l’incertitude au sujet de la future politique des États-Unis est manifeste. Avec ses décisions en matière commerciale et migratoire, le nouveau président abandonne, sur deux questions fondamentales, la ligne qui a fait la grandeur de l’Amérique au cours des siècles passés : l’ouverture aux êtres humains en quête de protection, quelle que soit leur religion, et l’ouverture au commerce par-delà les frontières. Le président Trump crée ainsi de l’incertitude sur le chemin qu’emprunteront désormais les États-Unis mais aussi, par conséquent, sur le rôle futur des États-Unis dans le monde.Les tribunaux américains examinent actuellement si les décisions relatives aux droits de douane à l’importation et aux importantes restrictions à l’entrée sur le territoire pour les ressortissants de pays musulmans sont compatibles avec la constitution des États-Unis et avec le droit international. Lors de mes entretiens au Sénat, à la Chambre des représentants ainsi qu’avec des membres du nouveau gouvernement, je soulignerai nos réserves vis-à-vis de la politique menée actuellement par le président. J’exprimerai nos attentes, à savoir un traitement identique de l’ensemble des Allemands à leur arrivée sur le sol américain, indépendamment de leur éventuelle double nationalité.

    J
    e suis certain que mes interlocuteurs réaffirmeront la volonté des États-Unis de continuer à soutenir pleinement l’OTAN et à honorer leurs propres obligations dans le cadre de l’Alliance. D’après les informations dont je dispose, cela ne fait aucun doute.

    Je redoute le moment où la tendance sur les marchés boursiers, actuellement favorable, s’inversera avec la politique de Donald Trump. Car une Amérique qui se replie sur elle-même cessera d’être un marché attrayant pour les investisseurs. Au plus tard à ce moment-là, je l’espère, le nouveau président prendra conscience qu’à mettre en œuvre sans discernement des promesses électorales, il place son pays devant de grandes difficultés.

    Le partenariat transatlantique reste un pilier fondamental de notre politique étrangère. Nous avons intérêt à poursuivre et intensifier l’étroite coopération transatlantique sur la base des valeurs communes qui rendent notre Alliance si forte et si singulière. C’est la position que je défendrai avec insistance devant les députés, sénateurs et membres du nouveau gouvernement. »

© Ministère fédéral des Affaires étrangères