Les anges gardiens d’Altena

17 mai 2017

La ville d’Altena, en Westphalie, a mis en place des mentors bénévoles pour aider les réfugiés syriens à s’intégrer et à devenir des citoyens comme les autres © picture alliances/dpa Agrandir l'image (© picture alliances/dpa) Quand il a eu besoin d’un appartement plus grand pour loger sa femme et ses trois enfants, Myassar Arar a pu compter sur l’aide efficace d’Esther Szafranski. Depuis plusieurs mois, cette habitante d’Altena, en Westphalie, est très officiellement l’« ange gardien » de la famille Arar, arrivée de Syrie avec la vague de réfugiés. Son rôle : les aider à faire leurs premiers pas dans leur nouvel environnement pour qu’ils s’intègrent rapidement.

Au quotidien, les problèmes sont nombreux à se présenter : trouver un logement, régler les formalités administratives, apprendre l’allemand, suivre un cours d’intégration, inscrire les enfants à la crèche ou à l’école, trouver du travail. Que faire quand les mots manquent ? Quand les repères et les contacts sociaux font défaut ? Esther Szafranski est bénévole. Mais elle ne ménage pas sa peine lorsqu’il s’agit de veiller sur ses protégés ou de leur ouvrir des portes. Et de nombreux habitants d’Altena sont comme elle.

 

Réfugiés aujourd’hui, et demain citoyens comme les autres 

La chancelière Angela Merkel a décerné le premier Prix national pour l’intégration. Il récompense les meilleures pratiques locales © picture alliances/dpa Agrandir l'image (© picture alliances/dpa) Cette petite ville (17 000 habitants) a en effet développé une stratégie ambitieuse pour intégrer les réfugiés. Son objectif est d’en faire au plus vite des concitoyens comme les autres. Pour cela, elle déploie plusieurs instruments simultanément.

Les « anges gardiens » en font partie. Bénévoles, ils travaillent en étroite coopération avec les autorités afin de réduire au maximum les tracas bureaucratiques – rien n’étant plus efficace que les contacts personnels et le réseau humains pour faire avancer les choses. Par ailleurs, la ville loge les réfugiés dans des appartements privatifs. Elle leur donne accès à des cours d’allemand dispensés par des bénévoles et à une réserve de vêtements. Elle a même ouvert un Café international et un centre de rencontres pour favoriser les échanges et les chances d’insertion.

 

Premier Prix national de l’intégration 

Proches, humains, à l’écoute, mais surtout compétents : les mentors de la ville d’Altena permettent aux réfugiés syriens de trouver leurs repères dans leur nouvel environnement en Allemagne… et d’éviter au maximum les tracas bureaucratiques. © picture alliances/dpa Agrandir l'image (© picture alliances/dpa) Cet engagement fort, axé sur l’humain, n’est pas passé inaperçu à Berlin. Ce mercredi, la ville d’Altena recevait des mains d’Angela Merkel le premier Prix national de l’intégration.

« Nous voulons montrer que l’intégration peut réussir et comment cela fonctionne », a dit la chancelière. Le prix, attribué par un jury indépendant, vise à repérer les bonnes pratiques locales et à mettre en valeur les plus exemplaires - celles qui sont susceptibles de faire école afin d’aider les collectivités à améliorer l’intégration sur le terrain.

Près de 17 millions de personnes d’origine étrangère vivent en Allemagne, dont près de la moitié avec un passeport allemand. Certains viennent d’arriver, d’autres sont installés de longue date. Peu importe. « Que tous puissent prendre part à la vie de la société doit rester notre priorité politique », a souligné Angela Merkel.

L’immigration peut rendre l’Allemagne plus forte si l’intégration réussit.

A.L.

 

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral - Remise du Prix national de l'intégration (en allemand)

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