Coalition : les pré-négociations jouent les prolongations

17 nov. 2017

La chancelière Angela Merkel, présidente de la CDU, ce vendredi, à son arrivée à une nouvelle réunion de concertation avec la CSU, les Verts et le FDP © Dpa/pa Agrandir l'image (© Dpa/pa) C’est un accouchement difficile. La concertation préalable en vue de lancer la formation d’une coalition Jamaïque n’ont pas abouti comme prévu la nuit dernière malgré quinze heures de discussion. Mais les négociateurs gardent espoir. Ils ont repris leurs pourparlers dès vendredi midi. Ils les poursuivront durant le week-end si nécessaire.

 

La politique migratoire au cœur des discussions

Horst Seehofer, ministre-président de la Bavière, représente la CSU dans les pré-négociations de coalition. Il maintient une position ferme sur le regroupement familial pour les réfugiés © Dpa/pa Agrandir l'image (© Dpa/pa) Trois semaines après l’ouverture de la concertation, la politique migratoire semble être la principale pomme de discorde. La CSU, « sœur » bavaroise de la CDU d’Angela Merkel, veut reconduire la suspension du regroupement familial pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire (c’est-à-dire pour les personnes inéligibles au droit d’asile mais non expulsables car exposées à des menaces graves dans leur pays), tandis que les Verts s’y opposent. Cette mesure était provisoire. Elle doit, en théorie, prendre fin en mars prochain.

Christian Lindner, président du parti libéral FDP, a pris la parole dans la nuit de jeudi à vendredi après le report des pré-négociations de coalition © Dpa/Pa Agrandir l'image (© Dpa/Pa ) L’avenir du Soli est un autre point de divergence. Cet impôt de solidarité, qui frappe tous les salaires, revenus et revenus de sociétés à hauteur de 5,5 %, avait été créé au lendemain de la réunification pour financer la reconstruction à l’Est. Les libéraux (FDP) veulent son abolition complète à l’horizon 2020. Mais cela représenterait pour l’État une perte de recettes fiscales de 20 milliards d’euros, qui réduirait sa marge de manœuvre.

Winfried Kretschmann, ministre-président du Bade-Wurtemberg, est l’un des principaux négociateurs des Verts pour la formation d’une coalition Jamaïque © Dpa/pa Agrandir l'image (© Dpa/pa) Enfin, la politique climatique fait débat. Les Verts veulent réduire la production d’électricité issue du charbon de huit à dix gigawatts. La CDU et le FDP ne seraient prêts à accorder que trois à cinq gigawatts. Les points de vue sembleraient toutefois en voie de se rapprocher pour s’accorder sur un moyen terme.

 

Peter Altmaier : « il est normal que les choses prennent du temps »

« Le fait que les négociations se prolongent n’est pas mauvais signe », a commenté ce matin Peter Altmaier. « Cela montre que les partis prennent les problèmes au sérieux ».

Cette coalition à quatre (CDU, CSU, FDP, Verts), rappelle le directeur de la chancellerie fédérale, est une « constellation inédite » à l’échelon fédéral. « Il est normal que les choses prennent du temps ». Les partis ne sont pas habitués à négocier dans un tel cadre. De plus, « tous tiennent légitimement à imprimer la marque de leur identité sur le résultat ».

M. Altmaier n’a pas avancé de date pour la fin de ces pourparlers. Il ne veut « pas mettre » les négociateurs« sous pression ». Mais il estime que les difficultés « peuvent se régler ».

En cas d’échec, de nouvelles élections seraient probablement convoquées. Le Parti social-démocrate (SPD) a réaffirmé ce matin son refus de reconduire sa Grande coalition avec la CDU-CSU.

Un sondage publié ce vendredi par la chaîne ZDF révèle d’ailleurs que 68 % des Allemands seraient favorables à un nouveau scrutin en cas d’échec de la coalition Jamaïque. Leurs intentions de vote seraient sensiblement les mêmes qu’en septembre dernier.

A.L.

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