À la pêche aux électeurs

12 sept. 2017

À moins de deux semaines du scrutin, la campagne pour les élections législatives allemandes est entrée dans sa dernière ligne droite. Les partis sonnent à l’unisson l’heure de la mobilisation et cherchent à séduire les indécis, que l’on dit nombreux. Les meetings se succèdent. Les affiches fleurissent. Et la Toile se fait bruyamment l’écho des débats qui agitent le pays.

 

Dans les filets du Net

La campagne électorale allemande est entrée dans sa dernière ligne droite © dpa Agrandir l'image (© dpa) Comme ailleurs, on n’imagine plus en Allemagne une campagne électorale sans Internet, ni réseaux sociaux. Les partis s’y présentent avec plus ou moins de succès. Mais tous y investissent massivement.

À la mi-août, la chancelière Angela Merkel, tête de liste de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), donnait ainsi une longue interview à quatre célèbres Youtubers.

De leur côté, les Verts ont décidé de consacrer la moitié de leur budget au web. Leurs clips de campagne sont formatés pour les réseaux sociaux : les images se succèdent rapidement et les messages clés s’inscrivent sur l’écran en toutes lettres. On peut les regarder sur un écran d’ordinateur comme sur son smartphone dans le métro.

Les candidats du parti utilisent aussi l’application Whatapp. Elle leur permet de partager infos exclusives et ressentis avec des groupes d’internautes. Avoir un contact personnel avec l’électeur a toujours été une technique de campagne efficace. Internet en démultiplie les effets.

Pour certains partis, le web est encore plus vital. C’est le cas du parti populiste de droite Alternative für Deutschland (AfD), qui mène sur les réseaux sociaux une campagne offensive, inspirée de celle du président américain, Donald Trump. C’est une manière pour lui de contourner les médias traditionnels et leurs questions critiques.

 

Nouveaux défis

Les partis politiques allemands mènent massivement campagne sur Internet © dpa Agrandir l'image (© dpa) L’exigence du web modifie d’ailleurs le rythme de la campagne électorale. Elle oblige les partis à mobiliser des équipes 24 heures sur 24, et non plus seulement autour d’événements ponctuels. Le débat télévisé entre Angela Merkel et son principal rival social-démocrate, Martin Schulz (SPD), l’a montré. Il ne s’est ainsi pas arrêté avec le générique de fin mais a continué sur la Toile, les militants de chacun des deux partis cherchant à imposer l’idée que leur candidat avait gagné…

L’omniprésence d’Internet ne pose toutefois pas des défis qu’en termes d’organisation. La diffusion de fausses informations (fake news), de citations falsifiées ou tout autre moyen pour discréditer un adversaire peut peser sur le résultat du scrutin. La menace est prise très au sérieux par les autorités. Elles ont pris de nombreuses mesures de sécurité, et mis en garde les partis politiques.

Pour l’heure, aucune campagne de manipulation ou faux-pas majeur n’a été constaté. Les partis se montrent plutôt confiants. La CDU, par exemple, surveille de près qui diffuse de faux contenus et de quelle manière. Mais elle ne veut pas non plus surévaluer l’influence des groupes de pression sur le web. Quant aux Verts, ils ont mis en place des « pompiers du net », une équipe de 2 600 volontaires qui se relaient pour surveiller et contrer les fausses informations.

 

Concours d’affiches

Toutefois, si la campagne électorale virtuelle prend des dimensions inédites, la question se pose de savoir quel est son impact réel dans les urnes. Un « like » devient-il automatiquement un vote ? Rien n’est moins sûr.

Concours d’affiches électorale. En haut : Les Verts (g.) et le FDP (dr). En bas : Le SPD (g.) et l’AfD (dr.) © dpa Agrandir l'image (© dpa) Voilà pourquoi les partis allemands continuent aussi de miser sur les méthodes de mobilisation traditionnelles. Et notamment sur les affiches, qui donnent lieu à un véritable concours entre les partis, et entre les agences de communication. Pour l’heure, un parti semble tirer son épingle du jeu : le FDP. Le parti libéral allemand, désireux de changer son image pour retrouver des sièges au Bundestag après quatre ans d’absence, a choisi de mettre en scène la personnalité de son candidat, Christian Lindner. Presque comme une vedette.

A.L.

© CIDAL