Forger l’avenir de l’Europe : début des consultations sur le futur budget de l’UE

11 janv. 2018

Le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, à la conférence « Façonner notre avenir » © abaca Agrandir l'image (© abaca) Une conférence de haut niveau s’est tenue à Bruxelles début janvier sur le thème « Façonner l’Europe, l’avenir des finances de l’UE ». Se posait la question centrale du financement futur des missions de l’Union européenne, de la politique agricole commune à la politique migratoire. Les discussions ont été ouvertes par le président de la Commission Jean‑Claude Juncker, par le commissaire au budget Günther Oettinger et par le ministre fédéral des Affaires étrangères Sigmar Gabriel.

 

Les nouveaux défis de l’UE

Le 8 janvier, le président de la Commission et le commissaire au Budget ont commencé par exposer leur point de vue sur le futur cadre financier pluriannuel et sur les perspectives du budget européen après 2020. MM. Juncker et Oettinger ont clairement indiqué que l’engagement croissant de l’UE dans des secteurs politiques comme la lutte contre le terrorisme, la protection des frontières extérieures, la politique étrangère et de sécurité ou la compétitivité à l’ère du numérique doit se refléter dans le budget européen. Avec le départ de la Grande-Bretagne, l’Union européenne perd en outre l’un de ses principaux contributeurs. M. Oettinger situe ainsi le trou dans le budget dû au Brexit entre 12 et 13 milliards d’euros par an. Les négociations sur le budget se confrontent donc à un double défi : des missions de plus en plus importantes pour l’UE et un manque à gagner laissé par le Brexit dans le budget.

La Commission souhaite répondre à l’augmentation des missions par un budget légèrement plus élevé, le commissaire au budget évoquant « 1,1 % plus X » contre environ 1 % du PIB de l’UE aujourd’hui. Concernant le trou laissé par le Brexit, il propose de le combler pour moitié par la recherche de nouvelles ressources et pour moitié par des mesures d’économies.

 

Bénéficiaire net de la construction européenne

Dans sa contribution au débat, le ministre fédéral des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a réaffirmé que contrairement à une opinion largement répandue, l’Allemagne est en réalité « le plus grand bénéficiaire net de la construction européenne ». L’économie de l’Allemagne, tournée vers l’exportation, repose plus que tout autre pays membre de l’UE sur la bonne santé financière et économique de ses principaux partenaires au sein de l’UE. « Personne ne dépend autant que l’Allemagne de la prospérité des autres pays membres », atil déclaré. Sur le principe, le chef de la diplomatie allemande a salué les présentations de MM. Oettinger et Juncker mais a précisé qu’en raison des discussions exploratoires sur une coalition en Allemagne, il ne pouvait pas parler pour le gouvernement fédéral.

Sigmar Gabriel a par ailleurs souligné l’importance majeure de l’Union européenne, un projet unique au monde qui a accompli la mission remarquable de préserver la paix et une prospérité durables sur un continent secoué par les crises pendant des siècles. En évoquant l’histoire européenne marquée par de nombreux conflits, le ministre a conclu : « Quelle communauté bienheureuse nous formons, si l’argent est aujourd’hui la seule question à régler ! »

 

Consultations sur l’Iran avec Federica Mogherini

Peu avant la conférence budgétaire, M. Gabriel a rencontré la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini pour discuter de la poursuite de l’application de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran ainsi que des récents développements dans le pays. Ces discussions continueront le 11 janvier, date à laquelle Mme Mogherini et M. Gabriel rencontreront le ministre iranien Javad Zarif à Bruxelles en compagnie de leurs homologues français et anglais. L’accord sur le nucléaire sera là aussi au cœur des discussions.


Lire aussi (en allemand) :

Discours du ministre fédéral des Affaires étrangères Sigmar Gabriel

© Ministère fédéral des Affaires étrangères