Malgré des progrès, les femmes accèdent peu à la direction des entreprises

11 janv. 2018

Les femmes, plus présentes dans les conseils d’administration des grandes entreprises mais toujours aussi rares à la direction des entreprises © dpa Agrandir l'image (© dpa) Les femmes peinent toujours à se faire une place à la tête des entreprises en Allemagne. C’est le bilan amer d’une enquête réalisée fin 2017 par l’institut DIW. Mais un outil révèle son efficacité : les quotas de femmes imposés depuis 2016 pour le renouvellement du conseil d’administration des grandes entreprises.

 

Quotas efficaces

Une centaine de entreprises, cotées en bourse ou soumises à la cogestion, sont concernées par cette loi. Elle leur impose un taux minimum de 30 % de femmes au conseil d’administration. Et si les femmes ne trouvent pas la place qui leur est réservée dans cette instance, leurs sièges restent juridiquement non pourvus.

Les quotas se révèlent néanmoins un outil efficace pour faire progresser la parité dans les entreprises © dpa Agrandir l'image (© dpa) Deux ans après l’entrée en vigueur du texte, le bilan est là : dans la centaine d’entreprises concernées, la proportion moyenne de femmes au conseil d’administration atteint 30 %, a constaté le DIW. Le chiffre est en hausse de 3 points sur un an. Toutes les firmes ne respectent pas encore parfaitement la loi. Mais près des deux tiers y parviennent, voire dépassent le seuil fixé. Comme dans d’autres pays européens, « les quotas fonctionnent », souligne Elke Holst, directrice de recherche au DIW.

 

Pas d’effet d’entraînement

Malheureusement, cela n’a aucun effet d’entraînement. Globalement, la place globale des femmes dans les étages supérieurs de la hiérarchie des entreprises n’a pas changé depuis l’entrée en vigueur de la loi. Elle n’est que de 8 % à la direction des 200 plus grandes entreprises allemandes.

Proportion de femmes présentes au conseil d’administration par catégorie d’entreprises, fin 2017 © Allemagne Diplomatie/ A. Lefebvre Agrandir l'image (© Allemagne Diplomatie/ A. Lefebvre) Seules deux catégories d’entreprises font exception : les entreprises du DAX (les 30 plus grosses capitalisations à la Bourse de Francfort) avec 13 % de femmes (+ 2 points) et celles dont l’État est actionnaire avec 18 % (+ 2,4 points).

Le secteur de la banque et de l’assurance est le plus à la traîne. Il a beau employer environ 50 % de femmes, elles ne sont que 9 % à la direction des cent plus grandes banques allemandes et 23 % au sein de leurs conseils d’administration. La place des femmes a même régressé à la tête des 60 plus grandes compagnies d’assurance. Elles ne sont plus que 9 % dans les comités de direction et 22 % aux conseils d’administration. À ce rythme, il faudrait quelque 70 ans pour parvenir à la parité…

« La conclusion qu’il faut en tirer n’est pas compliquée », a indiqué la ministre de la Famille, Katarina Barley : « davantage d’obligations fixées par la loi ne nuiraient pas ». Dix-sept associations de femmes allemandes ont d’ailleurs adressé une lettre ouverte à la chancelière Angela Merkel. Leur demande : que la future coalition de gouvernement fixe des objectifs plus ambitieux pour faire progresser la parité dans les entreprises.

A.L.

 

 

Plus d’informations :

Institut DIW (en allemand et anglais)

Ministère fédéral de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse (en allemand)

© CIDAL