Les points sensibles de la politique étrangère

7 déc. 2017

Depuis les élections législatives et les efforts pour constituer un nouveau gouvernement, l’Allemagne ne s’occupe-t-elle plus que d’elle-même ? Il ne faut pas se fier aux apparences ! Le 5 décembre, la Fondation Körber et le ministère fédéral des Affaires étrangères ont convié au Forum berlinois sur la politique étrangère. Après le discours d’ouverture du ministre fédéral des Affaires  étrangères Sigmar Gabriel, des hommes politiques, des représentants de gouvernements, des experts et des journalistes du monde entier ont débattu des principaux défis en matière de politique étrangère :

Quel est l’avenir du projet européen ?

Quel est l’état des relations transatlantiques ?

Quelles sont les perspectives des pays d’Europe orientale et des Balkans en matière de sécurité ?

Quels enseignements de l’Histoire peuvent contribuer à la résolution des conflits au Proche et Moyen-Orient ?

Comment empêcher une escalade militaire avec la Corée du Nord ?

Quelles conséquences peut avoir la situation politique incertaine de l’Allemagne pour l’Europe ?

 

Là où réside le danger pour la sécurité de l’Europe 

L’Ukraine, point sensible : L’Allemagne participe à la mission de l’OSCE © dpa Agrandir l'image (© dpa) Il est difficile de séparer clairement la politique intérieure de la politique étrangère. Partout dans le monde, des partenaires comptent sur l’engagement et la force de décision de l’Allemagne. « Dans le monde entier, des conflits couvent et la situation ne s’améliorera pas toute seule si l’on pratique la politique de l’autruche » souligne Lorenz Hemicker, rédacteur politique au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. En tant qu’expert en politique de sécurité, il a animé à Berlin le débat sur le thème  « Line(s) of Defence: Securing Europe and its Neighborhood » (« Ligne(s) de Défense : Sécurisation de l’Europe et de son voisinage). Au menu des discussions : la peur d’une nouvelle guerre froide, le conflit entre la Russie et l’Ukraine ainsi que la crise des réfugiés.

« D’où le danger peut-il venir ? Les États membres de l’Europe ont à ce sujet des perceptions différentes » avance Hemicker. Aux frontières orientales de l’OTAN, les États baltes et la Pologne portent un regard inquiet vers la Russie alors que les États des Balkans à la frontière orientale de l’OTAN sont affectés en plus par le flux des réfugiés. La République de Macédoine a contribué à la fermeture de la route des Balkans aux réfugiés et attend maintenant un rapprochement avec l’UE.

 

L’Ukraine pomme de discorde 

Les tables rondes avec des représentants de l’Allemagne, la Russie, la Macédoine et l’ancien secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen, ont rendu possible le dialogue. Selon Hemicker « Une lueur d’espoir est permise, du moins le début d’une issue qui nous permette d’avancer ensemble ». Et de citer comme exemple : « l’Ukraine est la plus importante pomme de discorde entre la Russie et l’UE. Ce serait un grand progrès si nous parvenions à un consensus sur le déploiement d’une force de maintien de la paix des Nations unies dans la région du Donbass. » 

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