La Berlinale en quête d’elle-même

6 déc. 2017

80 cinéastes ont appelé à un nouveau départ complet pour le festival du film de Berlin © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) Quel avenir pour la Berlinale ? Le débat ne fait que commencer. Dieter Kosslick, son directeur depuis 16 ans, a fait savoir qu’il « n’était pas disponible pour une fonction dirigeante » après l’expiration de son contrat en mai 2019. De leur côté, 80 cinéastes appellent dans une lettre ouverte à un renouveau complet du festival.

 

80 cinéastes pour un renouveau complet

Les signataires de la pétition ont discuté avec la ministre allemande déléguée à la Culture, Monika Grütters © Gouvernement fédéral/ Koall Agrandir l'image (© Gouvernement fédéral/ Koall) Leur lettre a été adressée à la ministre déléguée à la Culture, Monika Grütters, pour réclamer une procédure transparente pour la nomination du futur directeur. L’objectif doit être « de trouver une personnalité de direction de premier plan qui ait la passion du cinéma, qui possède un excellent réseau international et qui soit capable de porter le festival au même niveau que ceux de Cannes et de Venise », écrivent les signataires. Parmi eux figurent plusieurs réalisateurs de premier plan, dont Völker Schlöndorff et Fatih Akin.

L’interrogation des signataires est la suivante : comment la Berlinale entend-elle se positionner par rapport aux autres grands festivals de cinéma, à savoir Cannes et Venise ?

 

Les réussites de Dieter Kosslick

Dieter Kosslick, actuel directeur de la Berlinale © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) Pendant ses mandats, Dieter Kosslick a marqué des points dans plusieurs domaines. Il a su convaincre avec une sélection de films très politique. Il a développé l’accès du grand public aux films de la Berlinale (350 000 billets sont vendus chaque année pendant le festival), alors que Cannes et Venise privilégient les professionnels. Enfin, comme l’a souligné Völker Schlöndorff, il a ouvert la Berlinale et permis aux réalisateurs allemands de s’y identifier.

Mais, soulignent ses détracteurs, le festival international du film de Berlin reste en-dessous de ses concurrents français et italien. Il peine, en particulier, à attirer les vedettes internationales, notamment américaines. À cela s’ajoute de nouveaux défis : le numérique, la multiplication des séries, etc.

Mardi, Mme Grütters avait convié plusieurs réalisateurs à venir débattre de l’avenir de la Berlinale à la Maison des cultures du monde, à Berlin. Elle a rendu hommage à M. Kosslick qui a « chamboulé la Berlinale avec courage et inventivité, qui a revalorisé le festival et l’Allemagne en tant que site de production cinématographique et qui n’a cessé de donner de nouvelles impulsions ». Elle estime néanmoins nécessaire de réfléchir à des changements.

Selon elle, le profil de la future direction n’est pas arrêté sur « une femme ou un/une Allemand(e) ». Le futur directeur pourrait venir de l’étranger. Quoi qu’il en soit, la course à la succession est déjà ouverte.

A.L.

 

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Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

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