« Monument », l’œuvre qui fait parler

20 nov. 2017

L’installation „Monument“ de l’artiste germano-syrien Manaf Halbouni est exposée devant la Porte de Brandebourg à Berlin jusqu’au 26 novembre © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Impossible de ne pas les voir : trois bus de douze mètres sont actuellement plantés à la verticale devant la Porte de Brandebourg, à Berlin. Cette installation de l’artiste germano-syrien Manaf Halbouni, intitulée « Monument », dénonce l’horreur des guerres en général, et celle de la guerre civile syrienne en particulier.

 

Un monument contre les guerres

L’œuvre est inspirée d’une photo prise pendant la bataille d’Alep. Ce cliché, publié en 2015 par le Guardian, montre des bus renversés par la population civile pour créer une barricade et se protéger contre les balles des tireurs d’élite. « Ce monument, où qu’il soit installé, est là pour s’opposer à la guerre », commente l’artiste.

À Dresde, où elle a été exposée en février dernier, l’installation „Monument“ avait suscité des réactions de protestations, notamment de la part de membres du mouvement anti-islam Pegida © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) C’est à Dresde, où il vit, que Manaf Halbouni a créé l’œuvre. En février dernier, le jour de l’anniversaire du bombardement de la ville, elle était inaugurée devant l’Église Notre-Dame (Frauenkirche). Devant les protestations, émanant notamment du mouvement anti-islam Pegida, l’artiste a précisé son intention : « Monument » exprime son espoir de voir Alep se reconstruire comme Dresde a pu l’être après la Seconde Guerre mondiale.

 

Berlin détruite, Berlin divisée, Berlin réunifiée

À Berlin, où l’œuvre est exposée jusqu’au 26 novembre, le symbole s’enrichit encore. « La Porte de Brandebourg a longtemps été un symbole de division. Puis, il y a eu la Réunification. À l’heure où la guerre divise encore de nombreux pays par des murs et des frontières, Berlin se veut un symbole de réconciliation ».

Manaf Halbouni © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) L’accueil est également meilleur. L’œuvre suscite le dialogue, se réjouit Manaf Halbouni. Les spectateurs s’arrêtent et parlent entre eux. « Ils discutent de l’art, de la politique, de la paix, de la guerre, des armes et de tout ». Bref, « Monument » remplit son rôle.

Manaf Halbouni espère maintenant présenter sa sculpture dans d’autres pays.

Mais celle-ci a d’ores et déjà fait le tour du monde par l’écho qu’elle a suscité. Parfois involontairement… L’artiste s’est vu reprocher d’avoir fait l’éloge d’une organisation terroriste dont le drapeau flotte sur certaines versions du cliché d’origine. Manaf Halbouni dit n’en avoir pas eu connaissance. Après enquête, il a confirmé que la barricade avait bien été érigée par les civils pour se protéger.

A.L.

 

Plus d’informations :

Site de l'artiste (en allemand/anglais)

© CIDAL