Un jalon pour l’intégration européenne : la coopération structurée permanente dans l’UE

14 nov. 2017

Construire l’Europe également dans le domaine de la sécurité et de la défense est une vision aussi ancienne que le projet d’unification européenne lui-même. Le Conseil des affaires étrangères vient de mettre en place officiellement ce lundi (13 novembre) la coopération structurée permanente (CSP).

 

« Un grand pas vers l’autonomie européenne »

Coup d’envoi de la coopération structurée permanente : les ministres des Affaires étrangères avec la notification signée © Koehler/photothek.net Agrandir l'image (© Köhler/Photothek.net) À l’avenir, 23 États membres entendent coopérer étroitement dans le domaine de la politique de sécurité et de défense : lors du Conseil des affaires étrangères, ils ont remis la notification officielle sur la coopération structurée permanente à la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Federica Mogherini.

Depuis le début de l’unification européenne, la politique de sécurité et de défense commune est un sujet important. La déclaration d’aujourd’hui marque une avancée décisive dans la politique européenne commune. « La coopération structurée permanente constitue un grand pas vers l’autonomie européenne et le renforcement de la politique de sécurité et de défense de l’UE », a souligné, à Bruxelles, le ministre fédéral des Affaires étrangères Sigmar Gabriel.

 

Sécurité européenne au lieu de sécurité nationale

Au vu des crises et conflits actuels autour de l’Europe, la coopération entre les États membres prend une importance croissante. « Car justement ce n’est plus une question de sécurité nationale mais une question de sécurité européenne », avait déclaré le chef de la diplomatie allemande en amont du Conseil.

En outre, la coopération devrait permettre une utilisation plus efficace des dépenses de défense. L’Union européenne dépense dans l’ensemble à peu près autant que les États-Unis pour la sécurité et la défense, mais avec une efficacité de seulement 15 % environ. Il s’agit donc de cumuler intelligemment les capacités des États membres. Comme le résume Sigmar Gabriel, « dans une Union européenne qui regroupe intelligemment ses ressources et peut faire jouer la force cumulée de 27 États membres, les citoyens sont mieux protégés. »

 

Développer également la coopération dans le domaine civil

« Une avancée décisive dans l’intégration européenne » © Koehler/photothek.net Agrandir l'image (© Köhler/Photothek.net) Après les progrès réalisés dans la PSDC militaire, il convient maintenant de continuer à développer aussi la coopération dans le domaine civil. Car « pour parvenir à une stabilité et une sécurité réelles, il nous faut obligatoirement renforcer par ailleurs la gestion de crises civile afin que l’UE puisse répondre plus rapidement et efficacement par des moyens civils aux crises survenant dans son voisinage. »

 

La porte reste ouverte aux autres États membres

La notification conjointe d’aujourd’hui prévoit que le Conseil des affaires étrangères donnera le coup d’envoi officiel de la CSP lors de sa prochaine session, en décembre. Des projets concrets doivent alors être désignés et mis en œuvre. On songe, par exemple, à une plate-forme logistique européenne de soutien aux interventions en cas de crise et à une formation commune d’officiers.

Tous les États membres de l’Union européenne sont favorables à la mise en place de la coopération structurée permanente et 23 de ces pays ont pour l’instant fait part de leur intention d’y participer. D’autres États membres pourront s’y associer ultérieurement à tout moment.

 

Situation au 13 novembre 2017

© Ministère fédéral des Affaires étrangères