À Bonn, l’ambition d’une COP 100 % écolo

14 nov. 2017

Faire accourir 25 000 personnes des quatre coins de la planète pour sauver le climat : n’y a-t-il pas là un puissant paradoxe ? Organiser la COP ne se résume pas à résoudre des défis techniques et politiques. C’est aussi un exercice pratique : comment organiser une conférence internationale à l’empreinte écologique la plus faible possible ? En la matière, Bonn a l’ambition de devenir une référence.

La COP23 fait tout pour réduire son empreinte écologique © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) « Prendre en charge 25 000 personnes de cultures différentes, aux habitudes différentes, dans le respect de l’environnement est un défi », reconnaît la ministre allemande de l’Environnement, Barbara Hendricks. Mais l’Allemagne est décidée à tout mettre en œuvre pour le relever. Et elle se félicite  que les délégations participantes, tout comme les fournisseurs de la conférence aient joué le jeu, voire proposé des idées.

 

Matériaux recyclables et zéro déchet

Rien n’a été laissé au hasard. Des bâtiments (temporaires) aux badges et aux bouteilles d’eau, tout est fabriqué avec des matériaux recyclés ou recyclables. La centaine de fournisseurs officiels a dû se plier à des normes sévères. Des directives spéciales ont été élaborées pour les exposants et les constructeurs des pavillons d’exposition. Et l’équipement des 650 volontaires a été pensé pour être réutilisable.

Mais pour commencer, la COP23 s’est fixé une règle : produire le moins de déchets possible. Chaque participant a reçu en début de séjour une bouteille d’eau qu’il peut remplir gratuitement à une cinquantaine de fontaines en libre accès. Bilan : un demi-million de gobelets en plastique économisés.

Même raisonnement pour le papier : les documents de travail sont fournis en format électronique pour éviter les impressions inutiles. Pour la vaisselle : elle est réutilisable. Et même pour les moquettes et revêtements de sol : ils serviront après la COP à confectionner des vêtements, des chaussures ou des tapis de voitures.

 

Repas bio et navettes électriques

Hôte technique de la COP23, l’Allemagne s’est efforcée d’organiser la première conférence mondiale sur le climat répondant aux normes écologiques contraignantes les plus strictes © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) En matière de repas, les organisateurs ont adopté un règle : au moins 50 % des repas sont certifiés bio (100 % pour la viande et le poisson) et au moins 20 % sont issus de productions régionales. Par ailleurs, 100 % du café, du thé et du chocolat sont des produits équitables.

En matière de transports, la COP met à la disposition des participants des navettes électriques gratuites et 600 vélos. Elle leur donne, par ailleurs, l’accès gratuit aux transports en commun de la région.

L’énergie, elle, provient à 80 % de sources renouvelables (100 % pour les navettes), et elle est utilisée avec un maximum d’efficacité. La température moyenne dans les installations est maintenue à 21°C. Et les participants sont tenus de ne pas gaspiller : prière d’éteindre la lumière et les ordinateurs en quittant la pièce !

 

Être une conférence modèle

Un exemple de mesure pour réduire les émissions de CO2 pendant la COP : l’usage de transports en commun ou de vélo pour les participants © pda/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) Une COP 100 % propre est-elle possible ? Malheureusement, pas tout à fait. Mais à Bonn, chaque gramme de CO2 émis sera compensé. L’Office allemand pour l’Environnement lancera prochainement un appel à projets. Les projets qui réduisent les émissions de CO2 tout en augmentant la conversion des pays au développement durable seront privilégiés.

Enfin, à l’issue de la COP23, une expertise indépendante sera menée pour vérifier si les objectifs ont bien été atteints. Elle répondra aux normes internationales les plus strictes (EMAS). Même si d’autres conférences internationales sur le climat, dont la COP21 de Paris avaient déjà réalisés des efforts majeurs pour réduire leur impact environnemental, la COP23 est la première à viser la certification EMAS.

A.L.

 

En savoir plus :

Ministère allemand de l'Environnement et de la Construction / COP23 (en allemand)

© CIDAL