Exposition : la Révolution russe et ses conséquences sur l’Europe

19 oct. 2017

Amitié entre les peuples, Stepan M. Karpow (1890–1929), Union soviétique, 1923/24 © Musée national d’histoire contemporaine, Moscou Agrandir l'image (© Musée national d’histoire contemporaine, Moscou) Qu’elle effraie ou qu’elle fascine, elle n’a laissé aucun État indifférent. La Révolution russe de 1917, puis la création de l’Union soviétique en 1922 ont polarisé l’Europe jusqu’en 1989. À l’occasion de son centenaire, le musée historique allemand de Berlin consacre une exposition à ces événements et à leurs conséquences sur le continent. Plus de 500 pièces originaires de Russie, d’Allemagne, mais aussi de France et du Royaume-Uni sont à découvrir jusqu’au 15 avril.

Ville emmurée pendant 28 ans, et divisée pendant quarante, Berlin était plus qu’ailleurs le lieu idoine pour une telle exposition. En 1949, les deux États allemands – la République fédérale à l’Ouest et la République démocratique à l’Est – s’étaient fondés l’un et l’autre sur un même principe : devenir la vitrine d’un modèle, celui de la démocratie libérale pour l’un, du communisme soviétique pour l’autre.

 

Dans les méandres de l’histoire de Saint-Petersbourg à Berlin et Paris

Kollwitz, Käthe / Birkholz, H., Aidez la Russie, Affiche du comité d’aide aux travailleurs (IAH), 1921 © Musée historique allemand Agrandir l'image (© Musée historique allemand) Mais la Révolution russe n’a pas attendu les ruines de la Seconde Guerre mondiale pour étendre son influence jusqu’aux rives de la Spree. Elle l’avait fait dès 1918, à la fin de la Grande Guerre, avec la Révolution de novembre qui précipita l’abdication de l’Empereur Guillaume II, puis la proclamation de la République de Weimar. Un bouleversement que l’Allemagne partage avec la Hongrie. Mais, comme le montre l’exposition, la distingue de la France et de la Grande-Bretagne. Démocraties solides, ces dernières subirent les conséquences de la Révolution d’Octobre de manière moins violente.

Il n’empêche : la Révolution russe a eu des conséquences, directes ou indirectes, sur toute l’Europe. Spectre du bolchévique ou, au contraire, fascination des artistes pour l’utopie communiste, afflux d’immigrés russes : les répercussions furent multiples. Et parfois même inattendues. On apprend dans l’exposition pourquoi la marque de vodka « Gorbatchev » est une marque berlinoise. Son producteur, Leo Gorbatchev, un distillateur de Saint-Petersbourg devenue Leningrad, s’était réfugié avec sa famille à Berlin, où il obtient l’autorisation de reprendre ses activités.

Affiche soviétique, " Ce que les ouvrières et les paysannes doivent à la Révolution d’octobre ", 1920 © Musée historique allemand Agrandir l'image (© Musée historique allemand) Dans ce contexte, il n’est pas inutile de se remémorer en détail la succession des événements (la Révolution de février, suivie de celle d’octobre, puis la guerre civile et finalement la création de l’URSS) qui secouèrent la Russie et l’Europe à partir de 1917. Le Musée historique allemand le fait à travers une profusion de tableaux, d’affiches, de porcelaines, de statues, d’uniformes et d’objets du quotidien venant de 80 pays. 150 pièces sur 500 viennent directement de Russie.

A.L.

 

Plus d’informations :

Musée historique allemand (en allemand)

© CIDAL