Il y 25 ans mourait Willy Brandt

9 oct. 2017

Willy Brandt (1913-1992), 4e chancelier de la République fédérale d’Allemagne, Prix Nobel de la Paix et figure de la social-démocratie mondiale © Dpa/pa Agrandir l'image (© Dpa/pa ) Premier chancelier social-démocrate de la République fédérale d’Allemagne, Prix Nobel de la Paix, puis figure de la social-démocratie mondiale : il y a 25 ans, le 8 octobre 1992, s’éteignait Willy Brandt (1913-1992). Son nom reste attaché à la politique de normalisation avec les pays du bloc de l’Est (« nouvelle Ostpolitik ») et au nouvel élan qu’il donna à la jeune République fédérale, incarné par le slogan « Oser plus de démocratie ».

 

Un « autre Allemagne »

On l’oublie souvent : à son arrivée au pouvoir, Willy Brandt, de son vrai nom Herbert Frahm, incarnait une Allemagne différente. Il avait grandi dans le milieu ouvrier à Lübeck. Il s’était engagé dès l’adolescence dans le mouvement socialiste. Puis, rejetant le nazisme, il avait vécu douze ans en exil (en Norvège, puis en Suède) d’où il s’était opposé activement au régime d’Hitler.

Maire de Berlin-Ouest (1957-1966), Willy Brandt a vécu en première ligne les crises de la Guerre froide, à commencer par la construction du mur de Berlin, en août 1961 © Dpa/pa Agrandir l'image (© Dpa/pa) Par ailleurs, il connaissait mieux que personne les difficultés endurées par les populations sur le front de la Guerre froide. À son retour en Allemagne, après la guerre, il s’était en effet engagé dans la politique à Berlin-Ouest. Puis il en était devenu le maire, de 1957 et 1966, à l’époque des crises. C’est en tant que maire qu’il assista, impuissant, à la construction du mur de Berlin en août 1961.

 

Nouvelle Ostpolitik

Élu chancelier, sa première ambition fut de normaliser les relations avec les pays de l’Est dans le contexte de la Détente. Il avait mûri cette « nouvelle Ostpolitik » comme ministre des Affaires étrangères (1966-1969). Elle devait compléter l’ancrage à l’Ouest, décidé par son prédécesseur Konrad Adenauer (1949-1963), et maintenir ouverte la possibilité d’une réunification dans le cadre d’un « ordre de paix européen ». Ce fut un marathon diplomatique. Plusieurs traités furent signés en un temps record. Et finalement les deux Allemagne entrèrent simultanément à l’ONU. Willy Brandt reçut le Prix Nobel de la Paix en 1971.

 

« Oser plus de démocratie »

Chancelier (1969-1974), Willy Brandt a lancé une politique de normalisation des relations avec les pays de l’Est (« neue Ostpolitik ») qui lui a valu le Prix Nobel de la Paix en 1971 © Dpa/pa Agrandir l'image (© Dpa/pa) En politique intérieure, Willy Brandt mena parallèlement de nombreuses réformes. En phase avec l’air du temps, il voulait accorder plus d’autonomie à l’individu, éliminer les hiérarchies, humaniser les rapports sociaux et développer l’État Providence. Ses réformes ont accru la « participation » en politique et dans l’entreprise. Elles ont ouvert l’accès à l’éducation. Elles ont promu une société pluraliste où de nouvelles catégories devaient trouver leur place : les ouvriers, les employés, les femmes et surtout les jeunes, tentés pour certains par des idéologies révolutionnaires.Portée par cette foi dans le progrès, la modernisation s’accéléra. De nouveaux thèmes surgirent, comme l’environnement. Mais cet élan trouva ses limites : absence de majorité, coût financier. Et bientôt il se brisa sur le choc pétrolier de 1973. Mais après avoir quitté la chancellerie, Willy Brandt restera une figure majeure de la social-démocratie mondiale en tant que Président de l’Internationale socialiste (1976-1992).

 

A.L.

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