Hambourg, une porte ouverte sur le monde

5 juil. 2017

Le port de Hambourg attire les touristes, grisés par l’impression d’immensité, le ballet incessant des navires et la brise du large © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) « Que d’eau, que d’eau ! ». Le visiteur qui pose le pied à Hambourg pour la première fois n’en revient pas. Le centre de la ville est baigné par l’Alster, un petit affluent de l’Elbe qui s’épanche en vastes plans d’eau entourés de verdure. L’été, il attire les promeneurs et voit fleurir les voiliers et les kayaks. Qu’il fait bon vivre, ici !

Mais ce n’est pas encore le cœur battant de la ville. Pour le découvrir, il faut pousser ses pas un peu plus loin. Et se laisser guider par la brise du large.

Car on a beau être à 145 kilomètres de la mer du Nord, l’air marin imprègne l’atmosphère. Hambourg, posée sur les flots de l’Elbe, possède le premier port d’Allemagne et le troisième d’Europe après Rotterdam et Anvers. Il couvre à lui seul 87 km2, près de deux fois la superficie de la ville de Reims.

 

Perspectives grandioses et intense activité

On y accède en longeant par exemple les façades en briques rouges du « quartier des entrepôts ». Le site vaut le détour à lui seul. C’est un ensemble d’entrepôts disposés en enfilade, qui furent construits entre 1883 et 1927 pour stocker les marchandises arrivant de tous les continents et servir de centre logistique. Il est classé depuis 2015 sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Puis on débouche sur une esplanade. Et la vue se dégage. Le fleuve. Le port. Le ballet des cargos chargés de containers. Les vaguelettes qui viennent lécher le quai grouillant de touristes. Les échoppes. Le grand air. On se sent soudain petit face à ce spectacle gigantesque, animé d’un mouvement incessant et désordonné.

Puis on lève les yeux, et l’on se sent happé par une haute silhouette de verre : c’est la Philharmonie de l’Elbe, la nouvelle salle de concert et emblème de la ville. Des perspectives s’ouvrent, étonnantes. Un peu plus loin, sur la rive d’en face, des grues immenses continuent à empiler les containers.

 

La « ville hanséatique », entre passé et avenir

Adossé au port, le célèbre « quartier des entrepôts » (Speicherstadt) est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) C’est tout cela, le port de Hambourg. Les habitants l’ont baptisé « porte sur le monde ». Les navires qui partent d’ici s’en vont vers plus de 950 destinations dans 170. L’esprit ouvert, cosmopolite, tolérant mais aussi poli et respectueux qui caractérise les Hambourgeois trouve ici son origine.

Et cette origine remonte loin dans le temps. Elle débute à l’entrée de la ville dans la ligue de la Hanse, au XIIIe siècle.

La Hanse, association des villes marchandes de l'Europe du Nord situées autour de la mer du Nord et de la mer Baltique, a donné à Hambourg sa première période de prospérité. Jusqu’au XVe siècle, la ville a profité du fait que les marchandises de valeur (autre que les lourdes cargaisons de blé et de bois par exemple) ne transitaient pas par la voie maritime, mais étaient acheminées par la terre entre Lübeck et Hambourg, leur point de rembarquement.

Le port de Hambourg, porte ouverte sur le monde : Hambourg est un centre névralgique du commerce extérieur allemand © dpa/pa Agrandir l'image (© dpa/pa) Ensuite, malgré la chute du commerce hanséatique, Hambourg a continué à développer sa tradition commerciale, puis son industrie en tirant habilement parti des circonstances politiques. Le sens des affaires, omniprésent, semble ainsi inscrit dans son ADN.

Jusqu’à aujourd’hui, la ville revendique d’ailleurs son titre de « ville libre et hanséatique ». Les initiales « HH » (pour Hansestadt Hamburg), gravées sur les plaques d’immatriculation, ne signifient pas autre chose.

Centre névralgique de la ville, le port de Hambourg a vu en 2016 le transbordement de quelque 140 millions de tonnes de marchandises. Cela en fait aussi un carrefour majeur pour toute l’économie allemande, qui doit beaucoup de sa force et de son rayonnement à sa puissance exportatrice.

A.L.

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