Le chancelier de l’unité - Hommage à Helmut Kohl

19 juin 2017

Pendant seize ans, Helmut Kohl a été le chancelier de la République fédérale d’Allemagne. Son mandat reste lié à l’événement le plus réjouissant de l’histoire récente de l’Allemagne : après la révolution pacifique en RDA et la chute du mur de Berlin, Helmut Kohl parvient à réunifier l’Allemagne dans la paix et la liberté après des décennies de division.

L’ancien chancelier fédéral Helmut Kohl est décédé à l’âge de 87 ans © dpa Agrandir l'image (© dpa) En 1973, Helmut Kohl devient président de son parti, la CDU. L’ancien ministre-président du Land de Rhénanie-Palatinat est candidat tête de liste aux élections législatives de 1976, lors desquelles la CDU et son parti frère, la CSU, manquent de peu la majorité absolue. Helmut Kohl est alors élu à la tête du groupe parlementaire CDU/CSU.

Tous les citoyens auront l’occasion, du dimanche 18 au vendredi 23 juin, de signer le registre de condoléances ouvert à la chancellerie fédérale pour l’ancien chancelier fédéral Helmut Kohl.

Chancelier de l’unité et citoyen d’honneur de l’Europe

À la suite d’un vote de défiance contre Helmut Schmidt, Helmut Kohl devient chancelier fédéral © Gouvernement fédéral/Wegmann Agrandir l'image (© Gouvernement fédéral/Wegmann) Après les élections législatives de 1980 également, le chancelier fédéral Helmut Schmidt parvient à reconduire la coalition socio-libérale SPD/FDP. Toutefois, son gouvernement éclate deux ans plus tard en raison du désaccord sur la double décision de l’OTAN lors de la crise des euromissiles et du cap à suivre en matière de politique économique. Helmut Kohl et le président du FDP Hans-Dietrich Genscher s’entendent pour former une coalition chrétienne-libérale. Le 1er octobre 1982, Helmut Kohl est élu sixième chancelier de la République fédérale d’Allemagne par le Bundestag allemand. Les élections législatives anticipées organisées en mars 1983 viennent asseoir le gouvernement CDU/CSU et FDP.

À travers des mesures de redressement budgétaire et d’austérité, cette coalition gouvernementale jette les bases d’une relance durable. La croissance économique crée de nouveaux emplois et facilite les allègements fiscaux et les nouvelles prestations aux familles. C’est ce fondement économique solide qui permettra de gérer le développement de l’Est après la réunification en 1990.

Helmut Kohl et François Mitterrand rendent hommage aux soldates tombés pendant les deux Guerres mondiales © Gouvernement fédéral/Schulze-Vorberg Agrandir l'image (© Gouvernement fédéral/Schulze-Vorberg) Le gouvernement de Helmut Kohl poursuit la politique de détente de son prédécesseur vis‑à‑vis du bloc de l’Est, tout en approfondissant les relations transatlantiques. En 1983, il soutient la mise en œuvre de la double décision de l’OTAN. Helmut Kohl est particulièrement attaché au processus de réconciliation entre la France et l’Allemagne. La photo le montrant main dans la main avec le président français François Mitterrand face aux tombes de Verdun conserve à ce jour une haute valeur symbolique.

Après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, Helmut Kohl pressent la possibilité de rétablir l’unité allemande. Il élabore à cette fin un programme en dix points et va promouvoir, au cours des semaines et des mois qui suivent, une réunification rapide auprès des alliés occidentaux et de l’Union soviétique. Il convainc les dirigeants européens en soulignant maintes fois que l’unité de l’Allemagne et l’unité de l’Europe sont « les deux faces d’une même médaille ». Quant au président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, Helmut Kohl parvient en été 1990 à obtenir de lui la promesse que l’Allemagne réunifiée pourrait décider librement à quelle alliance elle appartiendrait.

Le 3 octobre 1990, l’Allemagne est réunifiée après des décennies de division © Gouvernement fédéral/Stutterheim Agrandir l'image (© Gouvernement fédéral/Stutterheim) C’est le fait que les Allemands aient pu se retrouver dans la paix et la liberté, après quarante ans de division et avec l’accord de tous les partenaires et alliés, qui lui a valu de titre de « chancelier de l’unité ».

Après les premières élections législatives de l’Allemagne réunifiée le 2 décembre 1990, Helmut Kohl reste chancelier, ce qui fait de lui le premier chancelier fédéral de l’Allemagne réunifiée. Au cours de ses deux prochains mandats, il s’engagera particulièrement pour le développement des nouveaux Länder de l’Est, un chemin épineux. Il avouera lui-même par la suite avoir largement surestimé l’état de l’économie est-allemande.

Helmut Kohl fait preuve d’une énergie puissante pour accélérer l’unification de l’Europe qui réalise effectivement des progrès rapides, notamment la création de l’Union économique et monétaire à travers le Traité de Maastricht en 1992.

Après seize années, les élections législatives de 1998 mettent fin à « l’ère Kohl ». Son mandat aura dépassé celui de Konrad Adenauer. Jusqu’à la fin de la législature en 2002, il restera député du Bundestag allemand.

Helmut Kohl s’est vu décerner de nombreux hommages et distinctions. En raison de ses mérites au service de l’Europe et de son rôle de « père » de l’euro, les chefs d’État et de gouvernement l’on nommé en 1998 « citoyen d’honneur de l’Europe ». L’institut new-yorkais « East-West-Institute » l’a qualifié d’« homme d’État de la décennie » et Bill Clinton lui a remis la médaille de la Liberté, la plus haute décoration civile des États-Unis.


  • Helmut Kohl

    Né le 3 avril 1930 à Ludwigshafen
    1959 – 1976 député du Landtag de Rhénanie-Palatinat
    1969 – 1976 ministre-président de Rhénanie-Palatinat
    1973 – 1998 président de la CDU
    1976 – 2002 député du Bundestag allemand
    1976 – 1982 président du groupe parlementaire CDU/CSU
    1982 – 1998 chancelier fédéral
    Mort le 16 juin 2017 à Ludwigshafen


Situation au 16.06.2017

© Gouvernement fédéral

Déclaration du ministre fédéral des Affaires étrangères Sigmar Gabriel suite au décès de Helmut Kohl le 16 juin 2017


  • « Nous venons d’apprendre le décès de l’ancien chancelier fédéral Helmut Kohl. Il fut un grand homme d’État, un grand homme politique allemand et, avant tout, un grand Européen qui a beaucoup fait pour la réunification allemande, mais aussi pour l’intégration européenne. C’est l’immense héritage qu’il nous laisse. C’est le souvenir que nous garderons de lui. Dans ces heures difficiles, nos pensées vont à sa famille et à ses enfants. C’est un très grand Allemand qui vient de nous quitter. »