Le gouvernement allemand veut doper l’innovation

19 avr. 2017

La ministre allemande de l’Économie et de l’Énergie, Brigitte Zypries, a présenté mardi les grands axes d’un nouvel agenda pour encourager l’innovation dans les entreprises. Son projet cible particulièrement les PME. Il prévoit des aides financières et des allègements fiscaux pour un montant total de l’ordre d’un milliard d’euros.

L’innovation, clé de la compétitivité économique à l’heure de la globalisation, de la numérisation et de l’industrie 4.0 © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Pour rester compétitive, l’Allemagne a « besoin d’avoir les meilleures idées » et de « transformer plus vite et plus efficacement les idées en succès commerciaux », a expliqué la ministre.

Car la globalisation, la numérisation et l’industrie 4.0, « les trois grandes tendances qui vont impacter notre économie et notre société dans les années à venir », sont synonymes de « nouvelles opportunités. Et elles sont les principaux moteurs de notre économie ».

 

Hausse des dépenses de R&D et aide aux PME

Brigitte Zypries, ministre allemande de l’Économie et de l’Énergie © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Mme Zypries projette d’accélérer la hausse des dépenses consacrées à la recherche et développement (R&D) en les portant de 3 % du produit intérieur brut à 3,5 % à l’horizon 2025.

Elle souhaite également accroître le nombre d’entreprises innovantes. Le taux d’innovation (part des entreprises ayant présenté des innovations dans les trois années précédentes), en baisse depuis les années 1990, doit remonter de 35 % à 50 %.

Pour ce faire, Brigitte Zypries veut aider les PME, la colonne vertébrale de l’économie allemande, à accéder plus facilement à l’innovation. Les entreprises de moins de 1000 salariés bénéficieront, en plus des aides actuelles, d’allègements fiscaux et d’incitations pour pouvoir investir dans la R&D. Deux programmes de soutien à l’innovation dans les PME se verront, par ailleurs, dotés respectivement de 700 et de 200 millions d’euros supplémentaires.

La ministre souhaite, en outre, accroître l’accès des entreprises au capital-risque. Elle envisage également la création d’un nouveau fonds d’aide à la création de start-up innovantes d’un volume de 300 millions d’euros.

 

Technologies clés

Le projet ne se cantonne toutefois pas à une meilleure exploitation du potentiel d’innovation existant. Le ministère de l’Économie et de l’Énergie veut également défricher de nouveaux gisements d’innovation dans les domaines clés que sont, par exemple, la microélectronique, l’intelligence artificielle, les biotechnologies ou encore les technologies quantiques.

L’intelligence artificielle est l’une des technologies clés dans lesquelles l’Allemagne veut développer son potentiel © picture alliance/dpa Agrandir l'image (© picture alliance/dpa) Pour ce faire, il réfléchit à la création d’un centre de réflexion public sur l’innovation sur le modèle américain : le « Centre stratégique allemand pour l’innovation ». Ses membres travailleraient au développement des technologies clés en collaboration avec les entreprises et les chercheurs.

Présenté à quelques jours de l’ouverture de la Foire de Hanovre, ce nouvel agenda doit faire l’objet d’un arbitrage entre les différents ministères fédéraux. Le gouvernement souhaite l’inscrire avant l’été au budget 2018. Ce budget sera toutefois adopté, après les élections législatives du 24 septembre, par la future majorité au Bundestag.

A.L.

 

Plus d’informations :

Ministère fédéral de l'Économie et de l'Énergie (en allemand)

Nouvel agenda pour l'innovation : les grands axes (en allemand)

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