Le G20 en Allemagne : bilan

1 déc. 2017

« Formons un monde interconnecté », tel est le thème de la présidence allemande du G20 qui s'achève le 30 novembre. Le point culminant en a été le sommet du G20 les 7 et 8 juillet à Hambourg. Que retenir de la présidence ? Et quels sont les processus de travail qui seront poursuivis sous la présidence de l'Argentine ?

Les pays membres du G20 se sont entendus à Hambourg sur des mesures communes dans de nombreux domaines politiques © Bundesregierung/Bergmannmann Agrandir l'image (© Gouvernement fédéral/Bergmann) La chancelière fédérale Angela Merkel avait choisi à dessein le thème de la présidence allemande intitulé « Formons un monde interconnecté ». « En agissant ensemble, nous pouvons obtenir davantage que seuls. C’est ce qui nous a guidés pour traiter les sujets et atteindre des résultats », a déclaré Angela Merkel à la suite du sommet du G20 à Hambourg.

Le 1er décembre, l’Allemagne cède la présidence du G20 à l’Argentine. Ce sera ensuite au tour du Japon (2018/2019) et de l’Arabie Saoudite (2019/2020).

 

Une prise de position claire en faveur de la coopération

La présidence allemande du G20 a misé sur la coopération multilatérale. Le ferme engagement en faveur du multilatéralisme a marqué toutes les thématiques traitées et a servi de fil rouge dans le communiqué adopté par les chefs d’État et de gouvernement du G20.

Garantir la stabilité, améliorer la capacité à faire face à l’avenir, endosser des responsabilités - tels étaient les objectifs que s’était fixé l’Allemagne dans le cadre de sa présidence du G20. Des réussites sont à noter non seulement dans la coopération économique internationale comme en témoigne l’accord sur la suppression des capacités excédentaires dans le secteur de la sidérurgie, mais aussi sur les dossiers de la santé mondiale, du partenariat avec l’Afrique et des mesures de renforcement du rôle et des chances des femmes, où des progrès palpables ont également été réalisés.


  • G20 - Plus qu’un simple sommet

    Un coup d’œil sur le calendrier de la présidence allemande du G20 montre dans quelle mesure le processus du G20 a été marqué par un travail considérable. Plusieurs réunions ministérielles et conférences d’experts avec participation de ministres ont eu lieu. Pour la première fois, les ministres de la Santé étaient également impliqués. Une conférence internationale réunissant de nombreux chefs d’État et de gouvernement a été consacrée au « Partenariat du G20 avec l’Afrique ». Des groupes de travail se sont également réunis sur des thèmes tels que le « développement », le « numérique » ou la « lutte contre la corruption ». Les sherpas, surnom donné aux représentants personnels des chefs d’État et de gouvernement des États membres du G20, se sont rencontrés cinq fois en tout.


Dialogue étendu avec la société civile

Le dialogue avec la société civile a été un pilier de la présidence allemande du G20. Il y a eu sept forums de discussion portant sur les femmes (Women20), les syndicats (Labour20), la jeunesse (Youth20), les organisations non gouvernementales (Civil20), les groupes de réflexion (Think20), l’économie (Business20) et les sciences (Science20). Le dialogue avec la société civile a servi à discuter des impulsions et des recommandations des parties prenantes, qui ont également été intégrées dans les négociations.

Ci-après figure un récapitulatif de quelques-uns des résultats majeurs du sommet du G20 à Hambourg.

 

Commerce international : ouvert et basé sur des règles claires

Sous la présidence allemande, le G20 a proclamé son attachement à un système commercial basé sur des règles claires sans protectionnisme et à des marchés ouverts avec un renforcement du rôle joué par l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). « Les marchés doivent rester ouverts », a insisté Angela Merkel. Le G20 s’est prononcé contre des mesures protectionnistes par exemple dans le cas des capacités excédentaires de production dans le secteur de la sidérurgie. Tous les partenaires du G20 se sont engagés à poursuivre la coopération multilatérale au sein du forum mondial.

La protection du travail dans les pays producteurs les plus démunis sera améliorée par le biais d’un fonds qui sera abondé par un financement du gouvernement fédéral. Le G20 entend ainsi rendre plus durables les chaînes mondiales d’approvisionnement.

 

Climat : l’Accord de Paris est une réalité

Le G20, à l’exception des États-Unis, s’est accordé à dire que l’Accord de Paris revêtait un caractère irréversible et s’est engagé expressément en faveur de sa mise en œuvre rapide. Pour ce faire, un plan d’action sur le climat et lénergie contenant les principales mesures en vue de rendre ce dernier opérationnel a été adopté. Par ailleurs, le G20 a affirmé son engagement en faveur d’une croissance respectueuse du climat.

Au-delà de la protection du climat, la présidence allemande du G20 a été marquée plus fortement que les années précédentes par des thématiques environnementales. Le G20 a par exemple décidé de renforcer sa coopération en matière d’efficacité des ressources et de lutte contre les déchets marins et le braconnage.

 

Développement durable : mise en œuvre du Programme 2030

Le G20 se montre uni concernant le développement durable et la mise en œuvre ambitieuse du Programme 2030. Les États membres du G20 ont adopté pour ce faire le « Hamburg Update » qui résume les engagements du G20 pour la mise en œuvre du Programme 2030. Par ailleurs, un processus volontaire d’apprentissage par les pairs a été lancé, visant à permettre aux États membres du G20 d’échanger sur la mise en œuvre du Programme 2030 au niveau national.

 

Numérique : Internet pour tous

Le G20 s’accorde également à dire que la transformation numérique est un facteur important de croissance d’avenir. L’un des grands défis à relever ici est de réussir à intégrer tout le monde. C’est pourquoi le G20 aspire à ce que chacun puisse avoir un accès Internet d’ici à 2025. Les normes et standards internationaux doivent œuvrer pour une compatibilité entre les différents systèmes. LArgentine poursuivra la feuille de route présentée à Düsseldorf lors de la rencontre du G20 entre les ministres chargés du numérique. Les États du G20 se sont engagés par ce biais à faire en sorte que tous les citoyens soient connectés au numérique d’ici 2025 si possible.

 

Santé : mieux armés contre les pandémies

Les épidémies circonscrites à un niveau local peuvent aujourd’hui, en raison de la libre circulation des personnes et des biens, évoluer rapidement en un problème mondial et remettre en question l’ensemble de la stabilité économique. Sous la présidence allemande du G20, une rencontre a eu lieu pour la première fois entre ministres de la Santé du G20. Elle était centrée sur un exercice simulant la préparation et la réaction à une situation de crise. Les résultats obtenus ont posé un jalon pour le renforcement de la santé mondiale, comme l’a déclaré le ministre fédéral de la Santé Hermann Gröhe à l’issue de la rencontre. Les pays du G20 sont « désormais mieux armés », a fait remarquer la chancelière. Le sommet a également vu la création d’une plate-forme globale, dont l’objectif est de soutenir et de coordonner à l’échelle mondiale la recherche et le développement de nouveaux antibiotiques.

 

Marchés financiers : pas de compromis dans la régulation

Le G20 s’est par ailleurs entendu sur le fait qu’il n’y aura pas de compromis dans la régulation internationale des marchés financiers. Dans ce contexte, le G20 soutient également les travaux de Bâle III avec pour objectif de parvenir à définir rapidement les nouvelles règles concernant les capitaux propres des banques. Le G20 a en outre fait pression en matière de transparence fiscale internationale.

 

Femmes : mieux promouvoir les entrepreneuses

La participation des femmes à la vie économique a joué un rôle crucial sous la présidence allemande. Un fonds de la Banque mondiale pour les femmes des pays en développement visant à promouvoir les créations d’entreprises a vu le jour à Hambourg. Cela illustre le fait que « le G20 n’est pas qu’un simple sommet de deux jours, mais un processus », selon la chancelière Angela Merkel, qui a aussi mentionné l’initiative « #eSkills4Girls ». Il s’agit ainsi d’ouvrir aux femmes et aux filles, dans les pays en développement notamment, des opportunités dans l’économie numérique et de leur faciliter la voie vers une participation plus équilibrée.

 

Afrique : renforcer la coopération

Le partenariat avec l’Afrique, initié durant la présidence allemande du G20, est placé sous le mot d’ordre « Verantwortung übernehmen » (« prendre ses responsabilités »). Les initiatives « Compacts with Africa » constituent l’élément clé de ce partenariat. Il s’agit de partenariats d’investissement à long terme avec des pays d’Afrique, afin de recruter des investisseurs privés. L’écart entre les plus riches et les plus pauvres de la planète doit être réduit, a souligné le ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble. En lien avec le partenariat du G20 pour l’Afrique, une autre initiative du G20 pour l’emploi des jeunes dans les zones rurales représente donc un succès important.

 

Lutte contre le terrorisme : améliorer les échanges de renseignements

Le G20 va encore renforcer sa coopération en matière de lutte contre le terrorisme. Il est question d’un meilleur échange de renseignements et d’une coopération dans le cadre des Nations Unies. Le travail du Groupe d’action financière est renforcé afin de restreindre davantage les options de financement du terrorisme. Les sources de revenus doivent être asséchées. Le G20 entend aussi renforcer la lutte contre la possible radicalisation sur Internet. Le terrorisme international ne connaît aucune frontière et est devenu « une menace pour nous tous », a souligné Mme Merkel.

 

Agriculture : protéger l’eau et les ressources

Le G20 a également convenu d’un plan d’action pour une gestion respectueuse de l’eau et des ressources dans l’agriculture. Au regard de la démographie mondiale en constante augmentation, une agriculture durable, productive et responsable est indispensable. Elle revêt une importance de premier ordre dans la lutte contre la famine, qui est l’une des principales causes de migration.

Le problème des résistances aux antibiotiques concerne avant tout l’élevage et la production végétale. Le G20 s’est donc accordé sur l’abandon de l’utilisation d’antibiotiques en tant que facteurs de croissance dans l’élevage.

 

Migration : lutte contre les causes

Le G20 a aussi résolu de soutenir les pactes (« Compacts ») pour les réfugiés et les migrations prévus par les Nations Unies ainsi que de s’attaquer aux causes fondamentales d’expulsion. Lors du sommet de Hambourg, les chefs d’État et de gouvernement du G20 ont en outre adopté les lignes directrices pour l’intégration établies par les ministres du Travail du G20. Qui plus est, ils ont commandé un rapport annuel de suivi concernant la fuite et les migrations.

 

Transfert du domaine Internet

La transmission de la présidence du G20 à l’Argentine le 1er décembre signe la fin de la présidence allemande du G20. Le site Internet de la présidence allemande ne sera donc plus mis à jour. De nouvelles publications concernant le G7 et le G20 seront disponibles sur le site Internet www.bundesregierung.de/G7G20

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