Angela Merkel : « la mondialisation peut être façonnée »

20 juin 2017

Quel visage pour la mondialisation demain ? À un peu moins de trois semaines du sommet du G20, qu’elle présidera, la chancelière Angela Merkel a recueilli lundi les recommandations adressées par les organisations non-gouvernementales (ONG) aux dirigeants des vingt premières économies mondiales. L’occasion d’un dialogue critique et constructif.

 

Rencontre avec les ONG avant le G20

La chancelière Angela Merkel a recueilli lundi les recommandations des ONG en vue du sommet du G20 à Hambourg © Gouvernement fédéral/ Kugler Agrandir l'image (© Gouvernement fédéral/ Kugler) Les représentants de plus de 200 ONG avaient fait le déplacement à Hambourg, originaires d’une cinquantaine de pays. Ils ont accueilli la chancelière sous des applaudissements nourris, se félicitant qu’elle vienne recueillir leur avis en personne. Mais ils étaient là aussi pour l’interpeller.

Leurs revendications : des résultats concrets dans la lutte contre l’extrême pauvreté, la protection du climat, la transparence des processus de décisions internationaux, le développement des systèmes de soins à l’échelle internationale. Bref, un monde plus juste et plus durable.

« Tout ne peut pas toujours tourner autour de la croissance », a dénoncé Ernst-Christoph Stolper du Forum Environnement et Développement, qui représente des ONG allemandes. « Il doit aussi être question d’un développement durable ».

Combattre la faim est l’une des priorités des ONG avant le G20 © dpa Agrandir l'image (© dpa) Le modèle économique actuel repose sur un principe d’inégalité, a renchéri Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International. Il faut valoriser le rôle des femmes dans les pays en développement.

Angela Merkel a écouté les uns et les autres, soulignant que certaines de leurs préoccupations rejoignaient celles de son gouvernement, telles que la place des femmes dans le monde, la santé ou le développement de l’Afrique.

 

Faire de la mondialisation « une situation gagnant-gagnant pour tous »

« Rien n’est parfait dans la mondialisation », a-t-elle reconnu. Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. « La mondialisation n’est pas une fatalité à laquelle il nous faudrait assister sans rien faire. La mondialisation peut être façonnée ».

Il faut donc la transformer pour qu’elle devienne « une situation gagnant-gagnant pour tous ». « Beaucoup de petits pas sont nécessaires, ainsi que du dialogue », a souligné Angela Merkel.

 

La coopération internationale, plutôt que des cavaliers seuls nationaux

Manifestants de Greenpeace en marge du sommet C20 à Hambourg : les ONG plaident pour en faveur d’un développement durable © dpa Agrandir l'image (© dpa) Selon elle, c’est dans ce sens que la présidence allemande du G20 travaille, notamment lorsqu’elle appelle au renforcement de la coopération internationale.

« Je crois que nous devrions cette année, dans une période et un environnement difficiles sur le plan international, exploiter l’opportunité de nous retrouver sur des intérêts communs et avancer en agissant de concert », a-t-elle souligné. « C’est toujours mieux que de chercher des issues en faisant cavalier seul au niveau national ».

Ses priorités pour le sommet du G20 n’ont pas changé. Y figurent notamment l’application de l’Accord de Paris sur le climat, la transition numérique dans le respect de la sphère privée et le souci de la cybersécurité, l’amélioration des systèmes de santé et le développement de la coopération avec l’Afrique.

A.L.

 

Plus d’informations :

Présidence allemande du G20 - Sommet Civil20 (C20) (en allemand et anglais)

Office de presse et d'information du gouvernement fédéral (en allemand)

Lire le discours de la chancelière Angela Merkel (en allemand)

© CIDAL